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Jardin. "Les Potageurs" pratiquent l'agriculture urbaine à Nice

Ils installent des potagers sur les toits, dans des maisons de retraites, des crèches ou des entreprises...

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Légumes bio fraîchement récoltés. (Illustration)
Légumes bio fraîchement récoltés. (Illustration) (FCAFOTODIGITAL / E+ / GETTY IMAGES)

Les Potageurs sont nés à Nice voilà cinq ans. Spécialisée dans l’agriculture urbaine, cette société implante des potagers dans des entreprises ou des résidences pour les seniors. Elle travaille également avec des promoteurs immobiliers qui intègrent dans leurs projets des espaces à cultiver, et ce, dès la conception des immeubles.

Combattre les idées reçues

Les fondateurs des Potageurs ont uni leur compétences en maraîchage, agroécologie, permaculture et culture de la vigne pour réaliser des projets pérennes un peu partout dans le sud de la France.

Pour Nathalie Ervoen, co-fondatrice de l’entreprise, le plus difficile est de faire comprendre la réalité de l’agriculture urbaine :

"Souvent les gens s'imaginent que parce qu'on a 50 mètres carrés sur un toit, on va pouvoir nourrir la population d'un immeuble ! Or, c'est faux... Nous faisons donc un gros travail de pédagogie pour expliquer ce qu'est l'agriculture urbaine, et qu'il n'y ait pas de confusion entre la réalité d'une production en volume et l'espace.

Pour avoir un volume de production important, il faut un espace disponible important. Il faut notamment expliquer que faire des associations de plantes dans trois bacs ne va pas permettre de nourrir une famille de 4 personnes."

Nathalie Orvoën, cofondatrice des Potageurs. 
Nathalie Orvoën, cofondatrice des Potageurs.  (ISABELLE MORAND / DIDIER HIRSCH / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Une alimentation d'appoint avant tout

Quand la démarche est comprise, tout se passe bien. Les utilisateurs des potagers prennent beaucoup de plaisir à récolter une alimentation d’appoint. Cueillir ses herbes aromatiques avant de quitter le bureau ou en rentrant à la maison devient une habitude. Aller grappiller des fraises ou des groseilles aussi. 

Romain Venzal, cofondateur des Potageurs, introduit dans les potagers des fruits et des légumes venus d\'ailleurs. 
Romain Venzal, cofondateur des Potageurs, introduit dans les potagers des fruits et des légumes venus d'ailleurs.  (ISABELLE MORAND / DIDIER HIRSCH / RADIO FRANCE / FRANCE INFO)

Des légumes et des fruits différents

Les légumes plantés (tomates, poivrons, aubergines...) permettent de réaliser des ratatouilles et des salades. Mais Romain Venzal, autre cofondateur, apporte également un peu d’originalité dans les cultures :

"Nous avons tenté la rhubarbe, des fleurs ornementales et comestibles avec des succès et des échecs. En revanche, la goyave de Montevideo (Feijoa sellowiana) a très bien poussé et bien donné. Sa feuille est comestible et son fruit un peu méconnu parce qu'on ne le vend pas dans les grandes surfaces. Il a, en effet, une durée de vie très, très courte. Du coup, on ne peut le consommer que sur la plante.

Nous avons la chance d'avoir ici un bon climat, doux, un peu humide et légèrement venté. C'est un climat idéal pour tenter de faire pousser des plantes qui viennent d'autres régions et même de l'autre hémisphère."

Le potager, c'est comme le foot !

En cinq ans d’existence, les Potageurs ont pu constater que leurs réalisations apportaient du lien social, notamment dans les copropriétés. Partages d’expérience, tentatives de culture amènent à la discussion et aux échanges. Comme le dit la Potageuse Nathalie Ervoen :

Le potager, c'est un peu comme le football. Chacun a son mot à dire, si tant est qu'on s'y intéresse un peu.

Nathalie Ervoen
Légumes bio fraîchement récoltés. (Illustration)
Légumes bio fraîchement récoltés. (Illustration) (FCAFOTODIGITAL / E+ / GETTY IMAGES)