Tristan Séguéla : "Dans la mini-série "Tapie", on est partis des faits et on a dérivé vers la fiction"

La fiction, disponible depuis mercredi matin sur Netflix, retrace 30 ans de la vie de Bernard Tapie, de ses rêves de devenir une vedette de la chanson à son arrivée en prison. Le réalisateur et coscénariste, Tristan Séguéla, annonce qu'il n'y aura pas de deuxième saison.
Article rédigé par France Info
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Le réalisateur Tristan Séguéla, le 13 septembre 2023. (FRANCE INFO / RADIO FRANCE)

Tristan Séguéla est le réalisateur et coscénariste avec Olivier Demangel du biopic sur Bernard Tapie, sorti mercredi 13 septembre sur Netflix. Il a souhaité être "ni accusateur ni élogieux" avec l'homme d'affaires. De son rêve de devenir chanteur à son arrivée en prison, cette minisérie couvre au travers de sept épisodes la vie de Bernard Tapie entre 1966 et 1997. La minisérie Tapie, propose une plongée dans la vie incroyable d'un enfant de banlieue hyper ambitieux, devenu chef d'entreprises, animateur télé, ministre, président de l'Olympique de Marseille. 

franceinfo : Vous avez mis dix ans à monter cette série sur Bernard Tapie. Pourquoi est-ce que cela a été si long ? Est-ce que par hasard, vous attendiez que Bernard Tapie ne soit plus là parce qu'il ne voulait pas qu'elle voie le jour ?

 
Tristan Séguéla : Non, pas du tout. En revanche, ce qu'on peut dire, c'est que le projet ressemble beaucoup à son sujet. Il a mis longtemps à se monter. On nous a dit : Non puis oui, jusqu'à ce que Netflix nous permette que notre ambition rejoigne celle de la plateforme. 

Vous aviez cette ambition de faire la série sur Bernard Tapie en même temps que Laurent Lafitte, qui rêvait, lui, de jouer Bernard Tapie. Ce sont ces deux envies qui se sont rencontrées ?

En fait, on avait la même envie, en même temps et on se l'est dit le jour où je lui ai effectivement fait remarquer qu'il me faisait beaucoup penser à Bernard Tapie. Dans le regard, il y a un truc qui m'a fait penser à lui. 

Bernard Tapie vous fascine ? 

Oui, il me fascine depuis toujours comme il a fasciné beaucoup de Français. Je fais partie de ceux qui ont grandi avec lui. Et c'est vrai qu'en plus de ça, j'ai eu l'opportunité ou l'occasion de le croiser un peu dans mon enfance donc je pense que ça a encore dû renforcer cette envie-là.

Que vouliez-vous montrer avec cette série ? Bernard Tapie apparaît extrêmement sympathique, chaleureux, ce qu'il était vraiment dans la vie, mais est-ce qu'il y a quand même une volonté de renforcer la légende ? Le mythe Tapie ? 

Comme on le dit beaucoup avec Olivier Demangel, notre projet, c'est de faire le portrait intime de cette légende et pas d'illustrer sa page Wikipédia. Et d'être d'une certaine manière pas accusateur ni élogieux, on n'est ni ses hagiographes, ni ses détracteurs. 

Ce n'est pas totalement la réalité. Au début de chaque épisode, il est écrit :"C'est une série librement inspirée de faits réels". Pourquoi avez-vous fait ce choix de mêler réalité et fiction ? 

Je pense que c'est un peu l'art du biopic. Je crois que le biopic qui aurait prétention à la vérité absolue serait un peu fallacieux ou mensonger. 

Là, on en est loin de la vérité absolue et vous l'assumer parfaitement !

Oui, on en est loin et en même temps, on part à chaque fois de faits et de découvertes qu'aurait pu faire un journaliste d'investigation. Avec Olivier Demangel, on a exploré le site de l'INA Mediapro qui recense d'innombrables archives et on a fait des découvertes formidables qui nous ont inspirées des moments de pure fiction. On est partis des faits et on a dérivé vers la fiction. 

Bernard Tapie ne voulait pas que ce projet voit le jour. Cela ne pose pas de problèmes à l'un de ses fils, Laurent. En revanche, il vous reproche de ne pas l'avoir associé à l'écriture du scénario. Pourquoi ? 

J'ai toujours cherché à préserver ma liberté dans cette aventure et il m'a semblé dès le début que je ne serais pas libre si je l'impliquais lui ou un autre membre de la famille, ce qui est évidemment délicat. Mais pour moi, c'était ça ou j'abandonnais tout de suite.

"Il n'a jamais été question que Laurent Tapie participe à l'écriture du scénario. Il s'agissait simplement de lui faire lire notre travail à la toute fin, juste avant qu'on parte en tournage."

Tristan Séguéla, réalisateur

à franceinfo

Est-ce qu'il y aura une suite ? La série s'arrête en 1997 et après, il s'est passé plein de choses dans sa vie. Il a été acteur, il y a eu la maladie, ses problèmes avec le Crédit lyonnais.

Non, c'est ce qu'on appelle une minisérie, c'est-à-dire un objet long, il y en a presque pour sept heures en sept épisodes, mais qui se referme d'une certaine manière. Alors si des gens regrettent qu'il n'y ait pas de suite. C'est dommage, mais c'est aussi bien, ça signifie qu'ils ont apprécié ! 

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