Ils ont fait l'actu. Les confidences de Roxana Maracineanu, ex-ministre des Sports, battue aux législatives

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Sandrine Etoa-Andegue revient sur les événements marquants de l'année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui vous les racontent. Roxana Maracineanu, ex-ministre des Sports, candidate du camp présidentiel revient longuement sur sa défaite aux législatives dans la 7e circonscription du Val-de-Marne.

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Roxana Maracineanu, ex-ministre des Sports, battue aux législatives. (SANDRINE ETOA-ANDEGUE / RADIO FRANCE)

13 juin 2022, au lendemain du premier tour des élections législatives et alors qu'elle est en ballottage défavorable (23,77% des voix), Roxana Maracineanu y croit encore. Elle a une semaine pour s'imposer dans la 7e circonscription du Val-de-Marne face à Rachel Keke, une militante CGT, ex-femme de chambre largement arrivée en tête sous l'étiquette Nupes (37,22% des voix). L'ancienne ministre des Sports, candidate du camp présidentiel, est qualifiée de "parachutée" par ses adversaires parce qu'elle n'habite pas dans la circonscription. Le député sortant Jean-Jacques Bridey (LREM) ne s'est pas représenté pour raisons de santé.

"177 voix d'écart"

Tout le monde l'appelle "Roxana" lorsqu'elle va faire du porte-à-porte ou tracter sur le marché dans l'entre-deux tours. Mais cette proximité, son visage familier après quatre ans au gouvernement n'ont pas suffi. Au grand dam de la gauche, elle appelle à un "barrage républicain contre l'extrême-gauche" mais c'est bien Rachel Keke qui s'mpose au second tour mais sur le fil et gagne son ticket pour entrer à l'Assemblée, une centaine de voix sépare les deux femmes. Près de la moitié des électeurs de la circonscription ont voté pour la candidate du président Macron rappelle Roxana Maracineanu, "avoir seulement 177 voix d'écart, c'est un peu rageant. Mais au regard de tout ce que cette campagne m'a amenée comme confiance en moi, nouvelles compétences, nouvelles connaissances de la population, du territoire et ce que peut être une campagne, je prends cela comme un passage positif de ma vie", souffle Roxana Maracineanu.

Pendant la campagne, le parcours de Rachel Keke, l'ex-femme de chambre qui avait mené une longue grève avec ses collègues à l'hôtel Ibis de Batignolles pour de meilleurs salaires et conditions de travail, est très médiatisé. Un "parcours personnel remarquable", selon Roxana Maracineanu qui a regretté que la campagne se soit surtout résumée en un "caricatural" match de l'ex-ministre contre l'ex-femme de ménage : "Vu la médiatisation de ce parcours, c'était difficile pour moi, alors que j'avais le même type parcours qu'elle, c'est-à-dire républicain, en partant de rien et en étant arrivée à une réussite aussi bien sportive que professionnel. C'était un peu compliqué de se battre avec les mêmes arguments puisqu'ils étaient déjà pris". Un parcours dont elle se dit "fière pour ses parents" qui sont repartis de zéro avec son frère et elle lors de leur arrivée en France après avoir fui la Roumanie.

"Le regret de ne pas être députée"

À franceinfo, Roxana Maracinaeanu dit avoir "joué sa carte" : ancienne sportive, championne du monde, vice-championne olympique, vice championne du monde, ancienne ministre avec plusieurs combats à la clé et une connaissance des sujets éducation, jeunesse, sports qui ont eu aussi un grand impact. "C'est grâce à ça cette étiquette, celle de la majorité présidentielle, l'image du président, que j'ai passé le deuxième tour, ce qui n'est pas arrivé dans toutes les circonscriptions", assure-t-elle. 

L'ancienne ministre accuse : Rachel Keke a "fui le débat" et n'a "jamais défendu de projet". Par ailleurs, la révélation d'anciens messages postés sur Facebook dans lesquels Rachel Keke disait soutenir Marine Le Pen en 2017 et le régime de Bachar Al-Assad après le second tour, si elle avait eu lieu pendant la campagne "aurait fait la différence", selon la ministre, "au moins pour les électeurs qui ont voté pour une femme de gauche extrême qui défend des valeurs sociales, pas qui est homophobe et raciste".

À la question, aurait-elle aimé rester au ministère des Sports, elle répond que "quatre ans c'est long, même si cela aurait été l'occasion de voir, avec les JO en ligne de mire, tout ce qu'on a décidé au niveau national, devenir une réalité sur le terrain."  Regrette t-elle de ne pas avoir été reconduite ? Elle botte en touche et dit vouloir "voir les choses autrement" , s'engager dans l'associatif notamment sur les sujets qu'elle a défendu au ministère, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (800 enquêtes ouvertes), la place des femmes dans les instances sportives, la préparation des JO ou encore accentuer la présence du sport à l'école.

"Quand on est ministre, il y a des aspects positifs et négatifs, on n'est pas les mains dans la machine, dans le cambouis, on arbitre, on décide, on a des idées, on propose, on met en place des choses... Mais moi, je suis quelqu'un de pragmatique, de terrain, j'aime bien faire les choses. J'ai un regret : c'est de ne pas être députée parce que c'est un maillon essentiel du déploiement de tout ce qu'un gouvernement fait", conclut Roxana Maracineanu, qui a été élue membre du comité exécutif de l'agence mondiale anti-dopage – seul mandat qui lui reste – jusqu'en 2025.

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