Ils ont fait l'actu. Le groupe Phoenix, "toujours à la recherche de nouvelles émotions", sort son septième album

Retour avec Sandrine Etoa-Andegue sur les événements marquants de l'année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent. Le groupe Phoenix, représentant de la "French touch", mondialement connu.
Article rédigé par France Info
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Le groupe Phoenix en concert au festival les Déferlantes, au Barcarès, le 6 juillet 2023. (NICOLAS PARENT / MAXPPP)

Le 4 novembre 2022, après une absence de cinq ans dans les bacs, Phoenix sort enfin un nouvel album intitulé Alpha Zulu. Un disque foisonnant et éclectique qui, une nouvelle fois à la première écoute, prend leurs fans de court. Ce septième album studio a été enregistré au Musée des Arts décoratifs, dans une aile du palais du Louvre pendant la pandémie. Il rappelle le bon vieux temps au quatuor né il y a plus de 25 ans et toujours emmené par la voix de Thomas Mars en anglais. Comme ils le racontaient au moment de sa sortie. 

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"Moi personnellement, il me rappelle le premier album qu'on a sorti, racontait l'un des guitaristes du groupe, Christian Malazzai au moment de la sortie du disque. Rien que la manière de le concevoir tout seul dans une pièce, sans ingénieur du son, tous les quatre, avec Thomas, qui arrivait de temps en temps entre plusieurs confinement."

Avec Daft Punk, Phoenix est l'un des représentants de la "French touch" les plus connus à l'étranger, connaissant notamment un grand succès aux États-Unis. Comme tous les étés, le groupe originaire de Versailles est en France. Celui qui ne déçoit jamais sur scène retrouve la route des festivals. Huit mois après la sortie de leur septième disque, les membres de Phoenix évoquent avec humour et finesse les ressorts de leur longévité ou perpétuelle renaissance. Ils tiennent à ce que leurs interviews se fassent avec au moins des deux membres du groupe, voire avec tous les quatre. 

"Le sentiment d'être toujours un peu des débutants"

"C'est vrai qu'on cherche à se renouveler constamment, mais qu'on est tous les quatre d'accord sur le principe", assure Thomas Mars. "Il faut chercher à se mettre un peu en danger, apprendre des nouvelles choses, embraye Laurent Brancowitz, l'un des guitaristes. Nous, on a la chance de toujours avoir le sentiment d'être un peu des débutants. Je ne sais pas pourquoi." Et c'est le cas même après 25 ans, sept albums, un Grammy, des concerts dans le monde entier notamment dans des lieux mythiques comme le Madison Square Garden. "Je pense que c'est ce qui nous sauve, poursuit Laurent Brancowitz. Nous, on a le truc de meute où on n'a pas vraiment besoin du monde extérieur. C'est comme quand on est en vacances avec des copains et que finalement on est invincibles. Quoi qu'il se passe, même si on est obligés de dormir sous un abribus, on est invincibles quand on est avec ses meilleurs amis."

Malgré leur immense succès américain, le groupe assure qu'il se sent à la maison en France. "À 100%", selon Thomas Mars. Marié à la réalisatrice Sofia Coppola, il vit aux États-Unis et là-bas, "ce n'est pas la maison. Pourtant, j'y vis depuis 15 ans, je n'y comprends toujours rien, je comprends les Américains, mais Paris, c'est le seul concert qui nous met la boule au ventre, à chaque fois. Ce n'est pas comme jouer à New York ou ailleurs." 

Ils chantent en anglais depuis leurs débuts. Changer ? Rien n'est exclu !" On a essayé plusieurs fois de chanter en français par goût du jeu", se rappelle Laurent Brancowitz, "mais on n'a jamais réussi à trouver le truc. Ça n'a jamais fait le petit clic." Le groupe qui se dit, "toujours à la recherche de nouvelles émotions. On a eu une période italienne. "Moi, j'aimerais bien faire un album presque sans langage, sans langage compréhensible, comme un oiseau, un animal, d'aller au-delà du langage. D'ailleurs, les premiers morceaux de rock, c'est des morceaux qui vont au-delà du langage Beebop a Lula. Centano !", s'exclame Thomas Mars. "Plus on avance et plus on apprécie les imperfections du langage."  

"Avant, on cherchait à corriger les imperfections du langage. Pour le premier album, j'ai envoyé les paroles à un ami américain. Je lui demandais : 'est-ce que ça se dit ça ?' Lui, son premier réflexe, c'était de me dire, 'non, mais comme c'est toi qui le dis, ça marche !' Il voyait le charme du truc exotique fait par un Français."

Thomas Mars, chanteur du groupe Poenix

à franceinfo

"Il nous a fallu quelques albums avant de voir ça, reprend Thomas Mars. Il y a d'autres artistes qui l'ont vu tout de suite, genre Christophe. Il chante en yaourt et voit le charme du yaourt, il voyait le truc comme Celentano, comme Chuck Berry. Donc maintenant, je crois qu'on laisse les imperfections. Il y a des moments où l'inspiration vient, il y a eu des moments, comme disait Laurent, en italien, en français, en allemand. À propos de l'allemand, Thomas Mars précise, "là, c'est la langue de la précision quand même, précise Thomas. Il n'y avait pas d'imperfection, ma mère est allemande, il y avait un certain standing à respecter."

"Un petit cirque itinérant qui résiste aux tentations"

Du premier morceau enregistré dans la cave des parents au septième album conçu dans une partie du Louvre, quel a été le fil conducteur et l'accomplissement pour le groupe ? "Ce qu'on peut dire", répond Laurent Brancowitz, "c'est que l'on a réussi à garder notre cap sur notre petite barque contre vents et marées. Et puis qu'on a réussi à maintenir notre petit rêve en place. On est toujours la même équipe. Il y a nous quatre, mais il y a aussi ces mêmes personnes autour de nous. C'est un petit cirque itinérant qui résiste aux tentations parce qu'il y a des tentations aussi de devenir plus gros, de faire des choses qui sont un peu moins pures. Mais bon, souvent, c'est moins drôle toutes ces choses-là, finalement. Donc ça, c'est peut-être la chose dont on peut être fiers, c'est d'avoir réussi à préserver ce rêve."

 "C'est beaucoup de travail", complète Thomas Mars "pour que tous les quatre soient d'accord, que les dix nous plaisent et qu'ils passent le test du temps." 

Phoenix, toujours sur la route des festivals, joue samedi 15 juillet à Dour, en Belgique, aux Vieilles Charrues, à Carhaix dimanche 16 juillet et au Paléo Festival de Nyon, en Suisse, mardi 18 juillet prochain. 

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