Hannah, 18 ans : "Macron et Le Pen, ce n'est pas la même chose, l'extrême droite, ce n'est pas rien"

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Tous les jours, Manon Mella donne la parole aux jeunes de 18-30 ans. Vendredi 14 avril, rencontre avec Hannah, 18 ans, étudiante en première année à la Sorbonne.

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Hannah, 18 ans, étudiante à la Sorbonne à Paris (MANON MELLA / FRANCEINFO)

Hannah, 18 ans, est étudiante en première année à la Sorbonne. Au premier tour de l’élection présidentielle, elle a voté pour le candidat Fabien Roussel. Elle ne voit pas d’un très bon œil la mobilisation des étudiants qui s'opposent à l’affiche du second tour, c’est-à-dire à la fois à Marine Le Pen et à Emmanuel Macron. Selon Hannah, cela montre à quel point l’extrême droite a été "dédiabolisée", ce qui la préoccupe beaucoup.

"Je suis très inquiète de la banalisation de l'extrême-droite"

"Je suis très inquiète de la banalisation de l'extrême droite en France", confie Hannah qui fustige les slogans "Ni Macron, ni Le Pen" affichés dans les couloirs de la Sorbonne. "Macron et Le Pen, ce n'est pas la même chose. Macron n'est pas un danger pour les institutions républicaines, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu plein de problèmes pendant son mandat."

"L'histoire de l'extrême droite française n'est pas une page blanche."

Hannah, 18 ans

à franceinfo

L'étudiante de 18 ans aurait aimé que Jean-Luc Mélenchon appelle à voter clairement pour Emmanuel Macron au second tour : "Même s'il faut reconnaître qu'il a été plus clair qu'en 2017, il ne va jamais dire qu'il faut voter pour Macron. Sauf que là, il y a quelque chose de plus grand que toi. Il y a la France, l'avenir de la France et l'extrême droite. L'extrême droite, ce n'est pas rien."

"Voter blanc, c'est voter pour Marine Le Pen"

Quant au second tour, Hannah est certaine de voter pour Emmanuel Macron : "J'aurais préféré ne pas voter pour lui, mais je ne suis pas anti-Macron par principe. Et d'ailleurs, je trouve ça un peu facile. Là, il en va de ma responsabilité de citoyenne. C'est évident.

"Voter blanc, c'est voter pour Marine Le Pen", tranche Hannah. "C'est comme ça que Jean-Marie Le Pen est passé au second tour en 2002", ajoute-t-elle en faisant référence au taux d'abstention (28,4 % au premier tour). L'étudiante approuve le fait de remettre en question le système électoral actuel mais estime que "c'est dangereux de le faire là, avant le second tour".

Hannah espère dans les années à venir une refonte de la gauche. "Peut-être qu'un autre mandat avec Emmanuel Macron va permettre à la gauche de se reconstruire. Est-ce qu'il ne faudrait pas un nouveau parti social-démocrate ? Cela pourrait être le point de départ de quelque chose de bien et tous ces jeunes pourraient en faire partie", conclut-elle.

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