Dorian, 30 ans : "Le vote, c'est le dernier kilomètre de l'engagement, celui qu'il ne faut pas rater"

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Tous les jours, Manon Mella donne la parole aux jeunes de 18-30 ans. Jeudi 31 mars, rencontre avec Dorian, 30 ans, co-président de l'ONG "A voté", qui milite contre l'abstention.

Article rédigé par
Manon Mella - franceinfo
Radio France
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Dorian, 30 ans, co-président de l'ONG "A Voté", à Paris. (MANON MELLA / FRANCEINFO)

En France, la moitié des jeunes qui ont entre 25 et 29 ans sont concernés par la mal-inscription, c’est à dire lorsqu'on est inscrit sur les listes électorales mais dans un lieu qui n’est pas celui où on réside. Si l'on ne se déplace pas ou si l'on ne fait pas de procuration, alors la mal-inscription génère de l’abstention. Dorian, 30 ans, a choisi de se mobiliser en s’engageant dans l'ONG apartisane “A Voté” dont il est le co-président.

"Voter, c'est une manière d'exister dans la vie de la cité"

La mal-inscription sur les listes électorales concernait ainsi 7,6 millions de personnes en 2017 (pour un corps électoral de 47,5 millions), dont 51% des 25-29 ans, auxquels s'ajoutaient environ cinq millions de non-inscrits. Le phénomène touche notamment les jeunes qui bénéficient de l'inscription d'office à 18 ans et qui ne savent pas toujours qu'il faut se réinscrire lorsqu'ils quittent le domicile familial.

Pour Dorian, "c'est un véritable bug démocratique dans la mesure où est l'une des dernières démocraties dans le monde à avoir un tel système."

"Ce que je ne comprends pas, c'est qu'il y ait une barrière administrative et technique à se rendre aux urnes."

Dorian, 30 ans

à franceinfo

Dorian a choisi de se mobiliser contre l'abstention chez les jeunes. Selon lui, "on vit à une époque où la démocratie est fragile. Elle peut être rapidement mise en danger et tomber dans le silence et l'oubli." Pour lui, "voter c'est une manière d'exister dans la vie de la cité."

"Être mal inscrit c'est avoir trois fois plus de chance de devenir abstentionniste sur le temps long"

Le co-président de l'ONG veut encourager les plus jeunes à aller voter car ce sont eux qui devront vivre avec les décisions politiques qui seront prises pendant le mandat en question. "On peut se poser la question de la valeur démocratique d'une société qui ne prend pas en compte l'avis de sa jeunesse", questionne Dorian. 

"Le vote c'est la traduction politique de causes qu'on peut porter de plein de manières différentes."

Dorian, 30 ans

à franceinfo

Même si les jeunes préfèrent parfois choisir d'autres formes d'engagements (associations, réseaux sociaux, etc), pour Dorian ils ne doivent pas se détourner du vote qui est complémentaire, selon lui. "Le vote, c'est le dernier kilomètre de l'engagement. C'est celui qu'il ne faut pas rater", rappelle-t-il, avant de glisser que toute forme d'engagement devrait, dans l'idéal, "déboucher par un acte politique qui est le vote."

Enfin, Dorian alerte sur le fait que la mal-inscription peut avoir des conséquences démocratiques sur le long terme. Selon lui, "être mal inscrit, c'est avoir trois fois plus de chance de devenir abstentionniste sur le temps long. Voter c'est une habitude et plus on la prend tôt, plus on vote durablement", conclut-il. 

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