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Expliquez-nous... L'opération antiterroriste Sentinelle

Alors que l'annonce de la mobilisation de soldats de l'opération Sentinelle lors des manifestations de gilets jaunes fait débat, focus de franceinfo sur ce dispositif militaire.

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Soldats de l\'opération Sentinelle, à Lyon, le 27 février 2019
Soldats de l'opération Sentinelle, à Lyon, le 27 février 2019 (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO)


L'opération ou dispositif Sentinelle est un dispositif de l'armée française qui existe depuis quatre ans. Il avait été mis en place après les attentats de janvier 2015.

C'est une opération visant à renforcer la protection des Français, notamment en protégeant les lieux particulièrement exposés au risque terroriste: lieux touristiques, aéroports, gares, sites religieux...

Il regroupe 10 000 soldats: 7000 mobilisés en permanence, 3000 mobilisables à tout moment

Un dispositif qui a évolué au fil du temps 

Le dispositif, depuis 2017, évolue, s'adapte. On est progressivement passé d'un dispositif fixe, statique à des missions aux schémas plus flexibles, avec l'idée d'opérations moins prévisibles, plus réactives et de dispositifs qui puissent être adaptés en fonction des besoins, en concertation avec le Ministère de l'intérieur, ou dans un dialogue avec les autorités préfectorales.

Un mécanisme à trois niveaux

Cette réactivité s'appuie sur un mécanisme à trois niveaux. Le premier est ce qu'on appelle le "socle", c'est-à-dire les soldats déployés en permanence sur le terrain pour protéger les sites les plus sensibles. Le deuxième est l'échelon dit "de manoeuvre": des soldats déployés sur certains gros événéments prévisibles et ponctuels -sommets internationaux, festivals, lors des départs et retours de vacances- Le troisième est constitué d'une réserve stratégique, mobilisable en cas d'événement d'ampleur exceptionnelle -sportif par exemple- ou de situation soudaine, inédite. Dans le cas précis de la manifestation de demain, l'objectif est de renforcer la protection de certains sites ou bâtiments afin que gendarmes et policiers puissent se concentrer sur le maintien de l'ordre.

Pourquoi la mesure fait polémique et inquiète 

Au-delà des craintes de dérapages s'ils se retrouvaient ce samedi dans des situations relevant, malgré tout, du maintien de l'ordre , au-delà de la crainte de ne pas avoir le matériel de protection nécessaire, certains soldats redoutent de devenir des cibles, parce qu'ils incarnent l'Etat, parce qu'ils sont visibles et parce qu'ils sont statiques. 

Ces craintes ne sont pas nouvelles et avaient précisément conduit à adapter le dispositif. 

Le soldat de Sentinelle, rempart ou paratonnerre qui attire la foudre? La mission en marge des manifestations de "gilets jaunes" ravive un débat récurrent, depuis la création de l'opération ou presque.

Soldats de l\'opération Sentinelle, à Lyon, le 27 février 2019
Soldats de l'opération Sentinelle, à Lyon, le 27 février 2019 (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO)