En Bosnie-Herzégovine, malgré l'urgence, la question du changement climatique n’est pas la priorité des dirigeants politiques

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Selon une étude scientifique de 2020, ce pays du centre de l'Euorpe se classerait à la troisième place mondiale des pays les plus vulnérable aux inondations. 

Article rédigé par
Louis Seiller - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La ville de Sarejevo (Bosnie-Herzégovine), le 21 juillet 2020. (MANUEL COHEN / AFP)

Le sujet ne fait pas vraiment pas la une des médias du pays, pourtant les effets du changement climatique se font déjà sentir en Bosnie-Herzégovine. Ces dernières années, les Bosniens ont déjà pu constater les effets dramatiques du phénomène : sécheresse, canicules, intempéries. Depuis 2012, ces évènements se sont multipliés.

Avec ses reliefs montagneux, la Bosnie-Herzégovine est particulièrement vulnérable aux inondations et aux glissements de terrain. Selon une étude scientifique de 2020, le pays se classerait ainsi à la troisième place mondiale des pays les plus vulnérable aux inondations. Les spécialistes ont mis en garde : ces évènements destructeurs vont devenir de plus en plus fréquents et ils devraient particulièrement affecter les forêts qui couvrent plus de la moitié de l'Etat.

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Alors que certaines grandes villes du pays font partie des plus polluées d’Europe, l’ornithologue Drasko Adamovic tente de sensibiliser les citadins aux services rendus par ces forêts : "La forêt est un écosystème qui cache un énorme potentiel écologique. Toute la verdure autour de nous fonctionne comme une zone filtrante des polluants de l'air et comme un puits de carbone, c’est grâce à elle que nous vivons car l’air que nous respirons en ville vient d'ici. C'est extrêmement important."

"Seuls 2 à 3 % de notre territoire est protégé"

Pourtant, cette sensibilisation aux questions environnementales fait encore défaut : la question du changement climatique n’est pas la priorité des dirigeants politiques. 27 ans après la fin de la guerre qui a ravagé le pays, la Bosnie-Herzégovine souffre toujours des tensions politiques et des blocages institutionnels, et l’urgence climatique peine à s’imposer.

Si la gestion des forêts est au cœur des réponses à apporter face au dérèglement climatique, en Bosnie, les forêts ne sont pas gérées par l’État fédéral mais par les cantons. Et dans un pays rongé par la corruption, cette absence de stratégie forestière globale favorise l’urbanisation et les coupes de bois illégales. Une situation que déplore Maja Bajic, chargée de projet auprès de l’ONG Centre pour l’environnement (CZZS) : "En Bosnie-Herzégovine, seuls 2 à 3 % de notre territoire est effectivement protégé. C’est surtout dû au fait que les autorités ne comprennent pas l'importance de protéger ces habitats, mais aussi parce que le bois des forêts est une source de revenus pour nos dirigeants. Plus de protection les empêcherait de faire de l'argent à partir de cette nature."

Autre conséquence du changement climatique liée à la hausse des températures : les incendies se font de plus plus fréquents en Bosnie-Herzégovine. Le pays a perdu l’an dernier plus de 100 000 hectares de forêts.

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