"C'est incroyable" : on a passé quelques minutes à bord du mythique Venice-Simplon-Orient-Express entre Istanbul et Paris

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C'est un trajet unique que le Venice-Simplon-Orient-Express réalise une seule fois par an, entre Istanbul et Paris. Une première depuis trois ans après une pause liée au Covid. franceinfo était à présent au départ.

Article rédigé par
Marie-Pierre Vérot - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'équipage du Venise Simplon Orient Express au départ d'Istanbul, le vendredi 2 septembre 2022. (MARIE-PIERRE VEROT / FRANCEINFO)

C’est un train mythique qui entrera en gare à Paris mercredi 7 septembre. Le Venice-Simplon-Orient-Express venu d’Istanbul, et qui passe par Bucarest et Budapest. C'est l'un des trajets les plus célèbres du train de luxe et un moment rare : la liaison est effectuée une fois par an seulement et cela faisait 3 ans que la pandémie y avait mis un coup d’arrêt. 

Ce train met six jours à arriver jusqu'à Paris. Lors du départ d'Istanbul, vendredi 2 septembre, un orchestre de janissaires en tenue rouge et or, comme au temps de l'empire ottoman, joue sur le quai. "Là, on remonte un petit peu le temps puisque toutes les voitures datent de 1926 à 1931, restaurées à l'identique de leur grandeur", raconte Pascal Deyrolle, le directeur général du train, présent à la gare. 

"'C'est un trajet dont Agatha Christie a quand même un peu fait le marketing, il faut être honnête. C'est vrai que c'est mythique."

Pascal Deyrolle, directeur du train

à franceinfo

Tous les voyageurs qui montent dans le train ont des étoiles dans les yeux : "C'est incroyable"", lance Manon Veilleux, venue spécialement du Canada. "C'est le rêve de mon époux, il m'en a parlé quand nous nous sommes mariés il y a 35 ans, j'ai l'impression qu'on marche dans un rêve en ce moment", précise-t-elle. 

Un défi logistique pour un train mythique

Un tel trajet pour un tel train est un vrai casse-tête. Il y a 7 000 litres d'eau à charger toutes les cinq heures, et pas moins de six changements de locomotives aux passages de frontières. La vedette du train est la voiture 3309, celle du train d'origine qui a été bloqué à 80 km d'Istanbul par des congères et qui a inspiré le Crime de l'Orient Express.

Manon Veilleux, venue du Canada spécialement avec son mari.  (MARIE-PIERRE VEROT / RADIO FRANCE)

Aujourd'hui encore, toutes les nationalités s'y croisent, comme Julio venu du Mexique. Fan de train depuis l'enfance, il s'était promis ce voyage, mais la ligne s'était interrompue dans les années 1970. "J'ai acheté un modèle réduit de l'Orient Express fabriqué en Allemagne. C'était comme un lot de consolation", raconte-t-il. Puis il a appris que la ligne rouvrait : "Je commençais à mettre de l'argent de côté pour ma retraite, mais un ami m'a dit : fais le voyage dès que possible !"

Un voyage qui a un coût : plusieurs dizaines de milliers d’euros, hors de portée de l’immense majorité des Turcs. Depuis le pont qui enjambe la voie ferrée, quelques badauds immortalisent le moment, à défaut d'être à bord du train. "Un billet, c’est le prix d’un appartement", souffle Kerem, abasourdi. Le train de luxe a, lui, déjà filé vers d’autres horizons.

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