Au Liban, les rares plages publiques (et gratuites) sont dans un très mauvais état

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Au Liban, 80% des plages sont privatisées par des hôtels de luxe ou des restaurants. Il existe encore quelques endroits accessibles gratuitement, mais mal-entretenues. 

Article rédigé par
Noé Pignède - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
La plage de Ramlet al-Baida à Beyrouth, en 2020.  (JOSEPH EID / AFP)

Sur le littoral libanais, la plage de Ramlet el-Baida fait figure d'exception : elle est l'unique plage gratuite de Beyrouth. Avant la crise économique, la plupart des Libanais avaient l'habitude de payer un ticket d'entrée pour aller se baigner. Mais depuis l'effondrement du pays, beaucoup ne peuvent plus se le permettre et viennent sur cette plage. "Une plage privée avec toute ma famille me coûte entre 70 et 80 dollars", raconte Haytham, 50 ans, qui sort de l'eau avec sa femme et ses deux enfants. "Au Liban, nos salaires se sont effondrés. Donc 80 dollars, c'est ce qu'on dépense pour vivre sur une semaine. Ici, ce n'est pas très propre, c'est vrai, mais c'est la seule plage publique de la région", poursuit le père de famille. 

Plage gratuite mais impropre à la baignade

Il est vrai que cette plage est sale, car personne ne la nettoie. Le sable est jonché de mégots de cigarettes et de sacs plastiques. Les baigneurs y abandonnent des poubelles, mais les hôtels jettent aussi leurs ordures à proximité. Surtout, depuis une dizaine d'années maintenant, une partie des égouts de Beyrouth se déversent directement sur la plage. "C'est toute une mafia, tout le monde est payé pour détruire cette plage publique et la privatiser", s'énerve Effat Idris, présidente de l’association écologiste Operation Big Blue. Selon elle, des promoteurs immobiliers et des politiciens corrompus souhaitent privatiser cette plage. Elle les accuse de polluer volontairement le site pour faire fuir les usagers. 

"Malheureusement, il ne faut pas nager ici, comme dans beaucoup de plages au Liban".

Effat Idris

militante écologiste

Selon une étude du CNRS libanais, un tiers du littoral est aujourd'hui impropre à la baignade. Si les bactéries pullulent dans la mer, c'est parce que les stations d'épuration sont pratiquement toutes à l'arrêt. Beaucoup de Libanais ont donc peur de se baigner dans la Méditerranée. C'est une aubaine pour les plages privées qui disposent de piscines au bord de la mer où l'eau est filtrée. Ceux qui peuvent se le permettre peuvent donc continuer à nager tranquillement, sans risque pour leur santé. 

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