"Emmerder les non-vaccinés" : la vulgarité, vieille ficelle de communication politique

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Les politiques qui se risquent à la grossièreté visent un objectif assumé : casser leur image de technocrate et se mettre à la hauteur du peuple.

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Radio France
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Emmanuel Macron prononce un discours au palais de l'Élysée à Paris, le 12 janvier 2022. (LUDOVIC MARIN / POOL)

"Mais pourquoi des candidats si grossiers pendant la campagne ?" : c'est la question que posait le journal Le Parisien-Aujourd'hui en France lors de la campagne présidentielle de 2017, avec un inventaire bigarré. Le mot "emmerder" d'Emmanuel Macron à propos des Français non vaccinés est donc loin d'être une première, c'était d'ailleurs le préféré de François Fillon, mais le choc de la vulgarité produit toujours le même effet : les médias s'en emparent et le dérapage reste.

Il s'agit d'une bonne vieille ficelle. Les emprunts à l'argot, la trivialité, l'injure font partie de la communication politique, ils composent les stratégies d'horizontalité. Les politiques qui se risquent à la grossièreté visent un objectif assumé : casser leur image de technocrate et se mettre à la hauteur du peuple. Mais assiste-t-on à une surenchère indexée sur les nombreuses victoires des populistes dans le monde occidental ? La vulgarité fait-elle office de catharsis ou abaisse-t-elle la parole publique ? Et si Freud avait raison quand il affirmait que "le premier humain qui lança une injure au lieu d'une pierre fut le fondateur de la civilisation" ?

L'usage de la grossièreté en politique

Dans ce nouvel épisode, Laetitia Krupa et Gaspard Gantzer analysent l'usage de la grossièreté en politique pour comprendre quel rôle elle joue. Pour cela, ils reçoivent Bruno Fuligni, historien et auteur du Petit Dictionnaire des injures politiques (éditions du Rocher). Ils demandent aussi à Pierre-Emmanuel Guigo, historien et maître de conférence à l’université Paris Est Créteil, auteur de la biographie de Michel Rocard (éditions Perrin) qui a théorisé l'usage de la grossiereté en politique.

"L'Histoire d'ailleurs" nous emmène aux Etats-Unis où le roi de l'obscenité Donald Trump a transgressé toutes les règles dans sa parole officielle et dans ses échanges informels. Enfin, dans "L'info en plus", Gaspard Gantzer évoque l'évitement des débats démocratiques d'Emmanuel Macron... Le président sortant n'a pas envie de participer à des débats du premier tour.

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