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Une première en France : une entreprise accorde à ses salariées un congé menstruel

C'est une première en France : une entreprise accorde à ses salariées femmes un "congé menstruel", un jour qu'elle peuvent poser pour leur permettre de surmonter des règles douloureuses. Une mesure expérimentale et tout ce qu'il y a de plus légal.

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Lors de l\'envoi d\'un questionnaire anonyme, 88,9% des femmes interrogées se plaignaient d\'avoir des règles douloureuses qui avaient un impact négatif sur leur travail. Photo d\'illustration.
Lors de l'envoi d'un questionnaire anonyme, 88,9% des femmes interrogées se plaignaient d'avoir des règles douloureuses qui avaient un impact négatif sur leur travail. Photo d'illustration. (ALIX MINDE / MAXPPP)

C'est une petite société montpelliéraine qui emploie un peu plus de 40 salariés. À peu près autant de femmes que d'hommes. Une entreprise un peu particulière quand même parce qu'il s'agit d'une Scop, une Société coopérative de production spécialisée dans le recrutement de nouveaux donateurs au profit d'ONG ou d'associations caritatives ou écologiques. La Collective, c'est son nom, vient de prendre une mesure qui, d'après le site spécialisé dans l'actualité sociale Actuel RH, pourrait bien être une première en France : un jour de congé, une fois par mois, que peuvent prendre les femmes au moment de leurs règles.

La salariée qui en éprouve le besoin fait un simple mail au directeur de la Scop qui s'engage de son côté à respecter la confidentialité des informations. Le mail peut être adressé le jour même de l'absence, pas besoin d'un délai de prévenance. Le salaire sera intégralement versé à la collaboratrice absente. L'accord qui crée ce jour de congé menstruel a été signé en assemblée générale de la Scop, en décembre dernier. Il s'applique depuis le mois de janvier. Neuf femmes, soit environ la moitié de l'effectif féminin, l'ont fait jouer. Mais lors de l'envoi d'un questionnaire anonyme, 88,9% des femmes interrogées se plaignaient d'avoir des règles douloureuses qui avaient un impact négatif sur leur travail, notamment pour les salariés itinérantes, pour qui la position debout était particulièrement pénible.

Les hommes simplement perplexes

L'idée vient d'une salariée qui a soumis l'idée à l'assemblée générale. Actuel RH rapporte que les hommes ont été perplexes, mais qu'il n'y a pas eu d'opposition sur le sujet. La mesure a été chiffrée : entre 6 700 et 14 000 euros par an pour l'entreprise, selon le nombre de journée prises.

Une telle mesure n'est pas discriminatoire pour les hommes. Tel est l'avis de la Cour de cassation pour une affaire jugée en 2017. Elle a admis que les femmes d'une entreprise, et elles seules, pouvaient bénéficier d'une demi-journée de congé supplémentaire à l'occasion de la Journée de la femme, ceci afin de rétablir l'égalité des chances entre les femmes et les hommes.

Lors de l\'envoi d\'un questionnaire anonyme, 88,9% des femmes interrogées se plaignaient d\'avoir des règles douloureuses qui avaient un impact négatif sur leur travail. Photo d\'illustration.
Lors de l'envoi d'un questionnaire anonyme, 88,9% des femmes interrogées se plaignaient d'avoir des règles douloureuses qui avaient un impact négatif sur leur travail. Photo d'illustration. (ALIX MINDE / MAXPPP)