Renoncement aux soins médicaux, abandon de projet d'enfant... Les dirigeants des petites entreprises font de gros sacrifices pour leur activité

Un tiers des chefs de petites et moyennes entreprises ont déjà renoncé à consulter un médecin sur les 12 derniers mois, selon la fondation d'entreprise MMA.
Article rédigé par France Info, Philippe Duport
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min
Cheffe d'entreprise (illustration). (OSCAR WONG / MOMENT RF)

S’ils se disent très majoritairement en bonne forme physique, les dirigeants de TPE, PME et d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) donnent beaucoup à leur activité. Le baromètre annuel de la fondation d’entreprise MMA, dévoilé mardi 19 juin, révèle que 31% des chefs d’entreprise ont déjà renoncé à consulter un médecin sur les 12 derniers mois. Dans les trois-quarts des cas, c’est parce qu’ils donnent la priorité à leurs responsabilités professionnelles. 

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12% d'entre eux admettent d’ailleurs ne jamais voir de médecin. Et si 29% des dirigeants de petites boîtes maintiennent un suivi régulier pour des examens préventifs, cette proportion reste de 13 points inférieure à la moyenne nationale. 

La volonté de lever le pied 

Les sacrifices de ces patrons vont parfois jusqu'à renoncer à avoir des enfants. Selon Sylvie Bonnello, la déléguée générale de la fondation MMA, ce n’est pas le fait d’avoir des enfants qui les effraient, mais la perspective d’avoir à s’arrêter six à 12 mois alors que la santé du dirigeant est le premier capital immatériel de l’entreprise. Ce qui fait que 19% des patrons - près d’un sur cinq, hommes et femmes confondus - chez les moins de 35 ans sont prêts à abandonner l’idée d’avoir des enfants pour ne pas pénaliser leur entreprise. Dans le même esprit, 13% des sondés avouent ne pas avoir pu apporter de l’aide à un proche dépendant.

Ces chefs d'entreprise commencent donc à vouloir lever le pied. Toujours selon Sylvie Bonnello, ils ont vécu trois années très compliquées, et ce sont des hommes et des femmes comme les autres. Ce qui fait qu’un tiers - 35% - envisage de tout bousculer en faisant une pause dans leur carrière. D’abord pour s’accorder davantage de repos et de loisirs - 14% aspirent à "ne rien faire" - ou carrément pour changer d’activité. Ils sont 18% dans ce cas, dont 5% à vouloir retrouver une activité salariée.

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