Le ministère du Travail prêt à durcir l’accès aux indemnités chômage pour abandon de poste

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Selon certains députés LR, de plus en plus de salariés, plutôt que de démissionner, préfèrent abandonner leur poste. Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, se penche sur leur sort et ça pourrait bien être en leur défaveur.

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Radio France
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Un bureau laissé vacant par un abandon de poste. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / FRANCE-INFO)

Il y a plusieurs façons de quitter son travail. Démissionner – le nombre de démissions est historiquement haut, avec près de 500 000 démissions par trimestre. On peut aussi négocier une rupture conventionnelle – avec 450 000 ruptures conventionnelles en 2021 leur nombre est en augmentation de six points par rapport à l’année précédente. Ou bien choisir tout simplement de ne plus remettre les pieds au travail. Un abandon de poste. Évidemment, au bout d’un certain temps, l’employeur perd patience. Il licencie le salarié fantôme. Un licenciement qui fait toute la différence parce qu’en cas de démission clairement annoncée, on ne touche pas d’allocations chômage. Il y a bien quelques exceptions, lorsqu'il s'agit par exemple de suivre son conjoint, mais c’est la règle : démission est synonyme d'absence d’allocations. Pour l’abandon de poste c’est différent. On est licencié pour faute et, si on peut faire une croix sur son indemnité de licenciement, son préavis et ses congés payés, on va bel et bien toucher le chômage.

Une "faille" dans le dispositif, selon le ministre


C’est cette situation qu’Olivier Dussopt envisage de rectifier devant les députés de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, cette semaine le ministre du Travail a dit clairement que cette situation n’était pas normale. Et qu’il envisageait de durcir l’accès à l’indemnisation pour les salariés qui quittent ainsi leur emploi. Il n’existe pas de statistiques sur ce phénomène, mais les députés LR assurent dans leur amendement au projet de loi sur l’assurance chômage, dont ils débattent, qu’il s’agit d’un "phénomène de plus en plus palpable dans les milieux professionnels". Pour Olivier Dussopt, il s’agit d’une "faille". Il n’est pas normal qu’un salarié qui procède à un abandon de poste ait accès à des conditions d’indemnisation plus favorables qu’un salarié qui démissionne.


Le ministre a résumé sa position d’une phrase : "Nous sommes ouverts à ce que ces conditions soient alignées." Autrement dit, pas d’indemnité chômage pour les salariés qui disparaissent du jour au lendemain et qui sont licenciés pour abandon de poste. Reste à voir si cette mesure sera incluse dans le projet de loi sur l’assurance chômage, dont l’examen par l’Assemblée nationale vient de commencer.

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