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La crise sanitaire accélère la transformation numérique des entreprises

La crise sanitaire a des effets inattendus. Selon deux rapports sortis coup sur coup ces derniers jours, elle donne un très fort coup d'accélérateur à la numérisation du monde du travail : davantage de robots et d'intelligence articifielle, moins de tâches manuelles. Avec à la clé des destructions d'emplois, mais aussi de nouveaux postes.

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Un robot dans une usine. Photo d\'illustration.
Un robot dans une usine. Photo d'illustration. (HOUET MICHEL / MAXPPP)

"Ce qui était considéré comme l'avenir du travail est déjà arrivé". C'est par ces mots que les auteurs d'un rapport pour le Forum économique mondial résument la contraction du temps à laquelle on assiste. La crise sanitaire a donné un coup de fouet à un mouvement qui était déjà engagé : l'automatisation du travail. Basé sur une étude portant sur 300 dirigeants et huit millions de salariés, le rapport affirme que la crise sanitaire a provoqué un changement du marché du travail plus rapide que prévu. Il se projette sur le monde du travail de 2025. Et attention, il va y avoir des changements.

Une présence accrue des robots

Le mouvement pourrait toucher 85 millions d'emploi dans les cinq prochaines années. 85 millions d'emplois concernés, mais dans le même temps 97 millions de nouveaux postes. Le solde est positif. Quels sont ces emplois du futur ? Sans surprise, il s'agit de ces spécialistes que l'on a du mal à former en assez grand nombre : analystes de données, experts en intelligence artificielle, en big data et en transformation numérique. Les emplois qui sont menacés, en revanche, ce sont ceux qui sont le plus facilement automatisables, dont les tâches sont répétitives : saisie de données, facturation, secrétariat administratif. Face à ces bouleversements, les entreprises sont partagées : 43% d'entre elles affirment que l'automatisation va les conduire à réduire leur effectif. Mais elles sont aussi 34% à dire que ces nouvelles technologies vont les amener à créer des emplois. Tout n'est pas perdu mais il faudra se former. Le Forum économique mondial estime qu'un actif sur deux devra acquérir une nouvelle qualification ou monter en compétence.

Toutes les entreprises ne sont pas prêtes à se lancer dans la révolution numérique

Il y a une nette différence entre les petites et les grandes, à en croire le baromètre ViaVoice pour Sopra Steria en partenariat avec le think tank "L'Exploratoire". Si les trois quarts des entreprises de plus de 1 000 salariés vont investir dans le numérique plus vite que prévu, à cause de la crise sanitaire, les plus petites ne sont qu'un tiers à s'engager dans cette voie, notamment pour une question de moyens. Les entreprises qui vont accélérer leur virage numérique vont en priorité mettre sur pied un meilleur service client. Elles vont aussi digitaliser plus vite leurs processus internes.

Un robot dans une usine. Photo d\'illustration.
Un robot dans une usine. Photo d'illustration. (HOUET MICHEL / MAXPPP)