Intelligence artificielle : "Les atouts de la France sont multiples" dont "l'excellence de la recherche française", avance Cédric O

Le secrétaire d'État au numérique est intervenu jeudi lors d'une convention consacrée à l'intelligence artificielle à Paris. 

Cédric O, le secrétaire d\'État chargé du Numérique, le 15 janvier 2020 à l\'Élysée à Paris. 
Cédric O, le secrétaire d'État chargé du Numérique, le 15 janvier 2020 à l'Élysée à Paris.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Les atouts de la France sont multiples, ils sont d'abord à travers ses chercheurs et ses chercheuses", certifie le secrétaire d'État au numérique Cédric O jeudi 5 mars sur franceinfo, concernant le développement de l'intelligence artificielle (IA) en France. "Quand vous parlez aux très grandes entreprises d'intelligence artificielle, qui sont d'ailleurs les Gafa, les personnes qui sont en charge au sein de ces entreprises sont très souvent des Français. C'est liée à l'excellence de la recherche française", explique le secrétaire d'État. "La bataille pour l'intelligence artificielle, c'est d'abord une bataille pour l'intelligence humaine", précise Cédric O qui intervenait jeudi à la convention "AI France Summit" à Paris.

franceinfo : Quels sont les atouts de la France par rapport aux autres pays ?

Cédric O : Les atouts de la France sont multiples. Ils sont d'abord à travers ses chercheurs et ses chercheuses. Quand vous parlez aux très grandes entreprises d'intelligence artificielle, qui sont d'ailleurs les Gafa, les personnes qui sont en charge au sein de ces entreprises sont très souvent des Français. C'est liée à l'excellence de la recherche française en informatique et en mathématiques. C'est le premier atout. La bataille pour l'intelligence artificielle, c'est d'abord une bataille pour l'intelligence humaine. Ensuite, on a un certain nombre d'atouts. L'interdisciplinarité de la recherche, qui est capable de travailler entre un informaticien, un sociologue, etc. Dans certains secteurs comme la santé, l'énergie ou les mobilités, nous avons de très grandes bases de données. Quand on sait que la taille des bases de données est absolument essentielle pour la qualité et la performance des algorithmes, ça permet à la France de pouvoir jouer dans la cour des grands.

Avez-vous participé aux réunions avec la Commission européenne ?

La France a été l'un des pays les plus actifs, à la fois à travers l'action du gouvernement français mais également par l'action de Thierry Breton, le commissaire européen qui est en charge du sujet. Nous avons insisté sur deux choses. Il faut réglementer le marché, l'unifier et réglementer les usages. Mais il faut faire en sorte aussi d'avoir nos grandes entreprises dans l'intelligence artificielle et dans le numérique. Si nous voulons que nos valeurs perdurent, que nous gardions les emplois et la technologie, nous devons avoir nos propres grandes entreprises.

Faut-il un débat de société autour de l'intelligence artificielle et ses applications comme la reconnaissance faciale que le gouvernement veut tester ?

On a dit qu'on voulait expérimenter et avoir un débat pour faire des choix de société. L'intelligence artificielle n'est qu'un outil. Elle ne fait que reproduire ou prolonger des choix qui ont été faits au début par des chercheurs ou des ingénieurs qui sont des humains. Il faut avoir conscience de ses limites. Elle n'est pas bonne ou mauvaise en soi. L'intelligence artificielle n'est pas intelligente. La question "est-ce que ça peut nous échapper ?" n'est qu'un choix des réglementations et des encadrements que les humains font. Il faut garantir aux Français et aux Françaises que les valeurs de fonctionnement de l'intelligence artificielle sont celles auxquelles ils croient et que cela respecte la loi sans propager des biais qui sont problématiques.