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Les marchés de gros sont des services publics

Pour aller de la terre à l’assiette, les fruits et légumes, viandes ou poissons, transitent le plus souvent par des marchés de gros. Leur fonctionnement est souvent méconnu.
Article rédigé par Bernard Thomasson
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Le pavillon des fruits et légumes de Rungis, qui draine les trois quarts des produits frais transitant par ce marché de gros. (SOPHIE AUVIGNE / FRANCEINFO)

Si Rungis est le plus grand marché agricole au monde, il n’est pas le seul en France. 25 marchés de gros sont répartis sur le territoire, presque tous 'Marché d’Intérêt National', les MIN. Ce sont des services publics, voulus par le général de Gaulle, pour nourrir la France de l’après-guerre, en pleine reconstruction, et qui rassemblent les produits frais – fruits, légumes, viandes et marées.

Stéphane Layani est le PDG de Rungis : "C'est une idée très avancée de schéma directeur et d'organisation de la logistique, dès cette époque. Il fallait des points de concentration de l'offre agricole pour la redistribuer dans les aires où il y avait une certaine population."

Aujourd’hui, deux tiers des produits qui arrivent dans nos assiettes passent par les Marchés d’intérêt national. Le reste est fourni par les centrales d’achat de la grande distribution. À Rungis, 13 000 personnes travaillent dans 1200 entreprises, plus de six millions de visiteurs passent chaque année, et les fruits et légumes représentent près des trois quarts des produits. 

Ce modèle ne déstructure pas le commerce traditionnel

Rungis accompagne désormais des marchés de gros dans le monde entier. Il faut dire que son modèle est bien rodé. Stéphane Layani s'en explique : "C'est un modèle qui privilégie l'alimentation fraîche et de saison, et qui ne déstructure pas le commerce traditionnel, puisque nous sommes la centrale d'achat du petit commerce, des marchés de plein vent, des marchés bio, des restaurateurs et de la restauration collective."

Ajoutons que 99% des déchets sont recyclés à Rungis, qu’on y utilise les eaux usées pour le lavage des sols, et bientôt les 240 hectares du marché seront recouverts en photovoltaïque. Au-delà d’assurer l’autosuffisance, cette électricité "maison" permettra de produire de l’hydrogène pour les camions de livraison. 

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