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C'est ma maison. Le pouvoir d’achat immobilier baisse malgré les taux d’intérêt toujours très bas

Les taux d’intérêt continuent de baisser et pourtant, le pouvoir d’achat immobilier des ménages recule !

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Contrat PAP.fr
Contrat PAP.fr (PAP.FR)

Comment comprendre qu'en dépit de la baisse des taux d'intérêt, les particuliers ont plus de difficultés pour acheter un logement ? Charlie Cailloux, conseiller juridique pour le site immobilier PAP.fr,  nous explique aujourd'hui comment se traduit concrètement cette baisse de pouvoir d’achat.

Si vous achetez un bien aujourd’hui, vous aurez une mensualité de crédit plus importante que si vous l’aviez acheté il y a un an.

Comment peut-on expliquer ça, puisque les taux d’intérêt sont plus bas aujourd’hui qu’il y a un an ?

C’est vrai que les taux sont historiquement très bas et ils continuent même de baisser, mais pas suffisamment pour compenser la hausse des prix. C’est l’enseignement de l’étude du courtier en crédit Empruntis qui a été publiée cette semaine.

D’un côté, les taux ont baissé de 19 centièmes en 6 mois ; de l’autre, les prix de l’immobilier ont grimpé de 3,6 % en moyenne sur le territoire. Et les banques ne pourront pas continuer à baisser les taux d’intérêts indéfiniment : elles maintiennent des taux bas pour encourager la demande… et atteindre leurs objectifs de production de crédit.

Est-ce que cette baisse du pouvoir d’achat est uniforme sur tout le territoire ?

Non, les mensualités de crédit augmentent dans la plupart des grandes métropoles, mais pas à la même vitesse. Comme d’habitude, c’est à Bordeaux que l’on constate la plus grosse hausse (+ 9,1% depuis janvier 2018), la mensualité augmente de 4,6% à Lyon. Ailleurs, ça augmente mais plus lentement. Il n’y a que les Lillois qui voient leur pouvoir d’achat s’améliorer.

Quelles sont les conséquences pour les acquéreurs ?

Pour faire face à la hausse des prix, le premier moyen, c’est d’allonger la durée du crédit : pour le courtier Vousfinancer, les banques acceptent d’accorder des prêts sur des durées plus longues (jusqu’à 35 ans dans certains cas). L’objectif, c’est de maintenir sur le marché les jeunes ménages modestes qui ont vu leur pouvoir d’achat rogné par la suppression de l’APL accession et le recentrage du prêt à taux zéro.

Et la possible augmentation des frais de notaire en 2019, dont on a parlé dans cette chronique il y a 15 jours, serait un nouveau coup de vis sur le pouvoir d’achat des Français.

On peut aussi acheter là où c’est moins cher…

Effectivement, avec la hausse des prix, les ménages les moins aisés doivent s’éloigner des centres-villes pour devenir propriétaires. La chambre des notaires d’Ile-de-France a constaté il y a quelques mois des décotes allant parfois jusqu’à 40/50 % en passant simplement le périphérique parisien. 

Si les taux d’intérêts sont si bas, c’est peut-être aussi le moment de renégocier pour ceux qui ont déjà acheté ?

Oui, c’est ce que conseille le courtier Meilleurstaux.com à ceux qui ont souscrit jusqu’en 2015 un crédit immobilier. Attention toutefois, ce ne sera intéressant que, s’il reste au moins 70.000 euros à rembourser et si l’écart entre les deux taux est au moins égal à 0,70 point.    

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