Intelligence artificielle : avec le goût, le robot doté des cinq sens se rapproche de la réalité

Une équipe de scientifiques de l'université de Penn State aux États-Unis met au point une "langue électronique", pour que les IA apprennent à reconnaître les différentes saveurs, et peut-être un jour à apprécier des aliments bien réels.
Article rédigé par franceinfo - Loig Loury
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KAY NIETFELD / DPA (KAY NIETFELD / DPA)

Aux États-Unis, la course à l’intelligence artificielle accélère encore, animée par les mastodontes de la Silicon Valley mais aussi par les laboratoires universitaires. Des chercheurs de la faculté de Penn State, sur la côte Est américaine, travaillent ainsi sur une "langue électronique", afin d’inculquer le goût aux IA. Une véritable exploration, dont un point sur les recherches vient d'être publié dans la revue "Nature Communications".

Ces intelligences artificielles, après tout, savent déjà lire, écrire, parfois regarder ou toucher. Goûter semble donc être une étape logique dans cette course folle. Pour donner cette faculté aux IA, ces universitaires mettent au point une langue électronique, qui doit pouvoir imiter nos papilles.

Les sens : des stimuli et des impulsions électriques

Celles-ci réagissent à des stimuli chimiques au contact avec la nourriture, et les transforment en impulsions électriques, ensuite envoyées à une zone spécifique du cerveau. Il s’agit donc de fabriquer une version biomimétique de l’ensemble, avec des récepteurs gustatifs d’un côté et un cortex cérébral de l’autre, en utilisant des matériaux bien particuliers.

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Pa exemple, lorsque les dits capteurs sont mis en contact avec des ions sodium, ils reconnaissent et "sentent" le goût du sel. C'est le même procédé avec le sucré, l’aigre ou l’amer.

Avant de pouvoir songer à des applications possibles, l’objectif de cette équipe est d’abord d’élargir la gamme gustative de sa langue électronique. Théoriquement, cet organe pourrait reproduire les milliers de récepteurs présents sur notre propre langue, chacun légèrement différent des autres, ce qui permettrait selon ces chercheurs une distinction subtile des goûts.

La dimension émotionnelle

À partir de là, une IA pourrait être en mesure par exemple d’élaborer des régimes, basés sur des besoins, mais aussi des penchants alimentaires précis. Il sera également envisageable, assure-t-on à Penn State, d’aider un testeur de vin dans son travail ou des restaurateurs à confectionner leurs cartes.

Pour cela, il faut s'attacher, et c'est l’aspect le plus intéressant de ces recherches, à inculquer aux IA la dimension émotionnelle du goût, c’est même "l’objectif principal de notre travail", assure l’un des chercheurs en charge du projet.

Le goût est un mélange d’interactions physiques et chimiques, plus ou moins mesurables, et de ressentis personnels. On mange parce que l’on a faim et parce que l’on aime ce que l’on mange. C’est ce schéma qu’il faut tenter d’apprendre aux IA : traiter des informations gustatives comme le ferait un humain.

Vers "l'évolution instantanée" ?

Ainsi des intelligences artificielles pourraient bientôt, qui sait, être dotées des cinq sens. À Columbia, des scientifiques ont mis au point une main robotique intelligente, pourtant aveugle mais capable de manipuler des objets sans l’aide d’une caméra.

L’entreprise Boston Dynamics, récemment, a développé une version de l’un de ses fameux chiens robots apte à évoluer dans l’espace, sans disposer de la carte des lieux - mais seulement avec une caméra, lui apportant la vue.

Il existe des recherches encore plus saisissantes : la Northwestern University a carrément développé une IA capable de dessiner en quelques secondes les plans d’un robot doté de la capacité de marcher, comme une "une évolution instantanée", commente l’un des chercheurs...

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