Marine Le Pen en Hongrie, "un exemple en matière de démocratie" selon Julien Sanchez, porte-parole du RN

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Un mois après Eric Zemmour, Marine Le Pen rencontre mardi 26 octobre le dirigeant ultraconservateur hongrois Viktor Orban.

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Julien Sanchez, porte-parole du Rassemblement national, était l'invité du "8h30 franceinfo", vendredi 6 août 2020.  (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

La Hongrie, où se trouve actuellement Marine Le Pen, est "un exemple en matière de démocratie", a fait valoir Julien Sanchez, porte-parole du Rassemblement national et de Marine Le Pen, invité sur franceinfo lundi 25 octobre, "parce que la proportionnelle existe". Selon lui, Viktor Orban "est un dirigeant élu qui représente son peuple". Julien Sanchez évoque aussi Eric Zemmour, "intéressant intellectuellement" mais qui "copie-colle notre programme".

franceinfo : Qu'est-ce que Marine Le Pen vient chercher en Hongrie ?

Julien Sanchez : Elle est tout simplement dans son rôle de future chef d'Etat. Elle accepte les invitations des dirigeants étrangers pour échanger avec eux. Donc, effectivement, elle sera reçue demain par Viktor Orban. Elle tiendra même avec lui une conférence de presse. Je crois que c'est important de montrer justement que de grands dirigeants européens considèrent Marine Le Pen comme une potentielle présidente de la République et sont prêts à tenir des conférences de presse avec elle. C'est assez inédit qu'un Premier ministre en exercice fasse une conférence de presse avec la principale candidate de l'opposition dans un pays qui est à moins de six mois d'une élection présidentielle. Je rappelle qu'elle était, vendredi dernier, avec le Premier ministre polonais et avec le Premier ministre slovène également.

Est-ce que la Hongrie, c'est un modèle de société à suivre pour le Rassemblement national ?

C'est un exemple en matière de démocratie, parce que la proportionnelle existe par exemple au Parlement en Hongrie. Ce qui n'est pas le cas en France, malgré les nombreuses promesses d'Emmanuel Macron et de ceux qui l'ont précédé. Par exemple, la gauche en Hongrie, quand elle fait 11% des voix, elle a 11% des sièges au Parlement. En France, quand Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont fait 20% au premier tour chacun, ils n'ont eu que six députés pour l'une et 15 députés pour l'autre. En matière de démocratie, je crois donc que la Hongrie a beaucoup à nous apprendre.

Et quand la Commission européenne fait état de ses graves préoccupations sur l'indépendance de la justice en Hongrie, sur l'indépendance des médias en Hongrie, sur le discours très anti-LGBT de Viktor Orban. Ce ne sont pas les critiques qui vous interpellent ?

Non, Viktor Orban est un dirigeant élu par son peuple. Je crois avec près de 50% au premier tour, donc il est légitime et s'il s'exprime, c'est parce qu'il a la légitimité populaire et que les Hongrois l'ont délégué pour cela, donc il représente son peuple. Après, sur l'Union européenne, évidemment que l'Union européenne ne va pas aller dans son sens puisque Viktor Orban est précisément en train de vouloir s'affranchir d'un certain nombre d'obligations et de contraintes. Il est ferme sur les principes, il veut rester dans l'Union européenne, mais il dit "Moi, l'immigration, c'est hors de question qu'on m'impose n'importe quoi. Et je veux ma fermeté migratoire et je veux pouvoir décider en la matière". Nous ne disons pas autre chose. Nous disons que nous, nous voulons décider sur ce qui ressort des enjeux d'État et nous sommes comme Viktor Orban sur ce point-là. Et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'avec une quinzaine de partis européens, nous avons créé une tribune commune au mois de juillet pour décrire ce que nous voulions et quel était notre modèle en la matière pour l'Union européenne.

Ce déplacement pour Marine Le Pen, c'est aussi l'occasion de ne pas se laisser distancer par Éric Zemmour qui était il y a un mois lui-même à Budapest ?

En l'occurrence, Eric Zemmour n'a pas fait de conférence de presse. Je pense que Viktor Orban ne s'y est pas trompé et qu'il a bien compris que Marine Le Pen était celle qui pouvait battre Emmanuel Macron. Eric Zemmour c'est une bulle médiatique. Moi, dans la réalité, je ne vois pas de gens qui veulent voter pour Eric Zemmour. Les Français qui votent pour nous, ils veulent avant tout dégager Emmanuel Macron. Ils ont envie que nos idées arrivent au pouvoir parce qu'ils veulent en finir avec le laxisme, l'insécurité, l'immigration massive. Et donc pour ça, ils savent qu'il ne faut pas se diviser comme le fait la gauche française avec dix candidats. Et au delà de ça, vous me permettrez aussi de penser que les Français croient en la fidélité. Et entre une femme toujours présente dans les bons comme les mauvais moments et une inconnue qui vous fait des clins d'oeil de manière vulgaire et insistante, vous choisissez la sécurité, la constance et la fidélité. Vous ne mettez pas en danger la France pour une passade qui, en plus, essaie de copier mot pour mot, sans originalité, ce que dit votre femme. Eric Zemmour, c'est quelqu'un d'intéressant intellectuellement, c'est intéressant de l'écouter comme il est intéressant d'écouter Jean-Luc Mélenchon également, ou autres qui, intellectuellement, méritent d'être écoutés. Nous partageons un grand nombre de choses avec Eric Zemmour puisqu'il copie-colle notre programme, comme l'avait fait Nicolas Sarkozy lorsqu'il a été élu président de la République.

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