Vidéo Insultes racistes, mimiques de singe, saluts nazis… quand l'extrême droite gangrène les tribunes des supporters de foot

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Insultes racistes, mimiques de singe, saluts nazis… quand l'extrême droite gangrène les tribunes des supporters de foot
Insultes racistes, mimiques de singe, saluts nazis… quand l'extrême droite gangrène les tribunes des supporters de footInsultes racistes, mimiques de singe, saluts nazis… quand l'extrême droite gangrène les tribunes des supporters de foot Insultes racistes, mimiques de singe, saluts nazis… quand l'extrême droite gangrène les tribunes des supporters de foot (COMPLEMENT D'ENQUETE / FRANCE 2)
Article rédigé par France 2
France Télévisions
Cet extrait de "Complément d'enquête" revient sur la soirée du 29 octobre 2023 au Vélodrome de Marseille, où des supporters lyonnais ont été filmés en train d'enchaîner mimiques de singe et saluts nazis lors d'une rencontre entre l'OL et l'OM. Derrière ces hooligans, un groupuscule d'extrême droite.

29 octobre 2023, Vélodrome de Marseille : l'OM reçoit l'OL, et la soirée a mal commencé... Sur le trajet, plusieurs bus des supporters lyonnais ont été caillassés, l'entraîneur Fabio Grosso se retrouve le visage en sang... 

Témoignant de l'extrême tension qui règne dans les tribunes avant le début du match, finalement reporté, des vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux. Dans la tribune réservée aux visiteurs lyonnais, certains sont filmés par des supporters marseillais en train de leur adresser des mimiques de singe ou des saluts nazis. 

La Mezza Lyon, un groupuscule néo-nazi

Au milieu des drapeaux français, on a aussi vu une banderole faire son apparition, portant l'inscription "Mezza Lyon". C'est le nom d'un groupuscule de plusieurs dizaines de néo-nazis. Certains de ses membres sont même allés honorer la tombe de Mussolini avec leur drapeau orné d'une "Totenkopf" (la tête de mort emblématique des divisions Waffen-SS)… Sur les réseaux sociaux, on trouve une autre photo d'une banderole au slogan explicite : "Refugees not welcome" ("Les réfugiés ne sont pas les bienvenus"), déployée sur un quai lyonnais, au-dessus d'un drapeau de la "Mezza".

Comment expliquer que des comportements ouvertement racistes et des saluts nazis soient possibles dans les stades ? Comment des hooligans d'extrême droite peuvent-ils se mêler si facilement aux supporters ? Pas toujours identifiables au milieu des 600 visiteurs lyonnais présents au Vélodrome, ils ont leurs petites combines pour brouiller les pistes. L'une d'elles consiste à se changer discrètement une fois l'infraction commise. Sur les images de vidéosurveillance du stade, on voit par exemple un supporter, avec un bob et des lunettes noires, en train d'imiter un singe. Quelques instants plus tard, il s'isole pour retirer son couvre-chef, ses lunettes, et enfiler un pull noir. Un autre, filmé à l'entrée du stade en survêtement noir, est repéré en train d'enfiler une cagoule pour enchaîner les saluts nazis. Peu après, on le retrouve tête nue, en jean et tee-shirt...

Des peines de prison ferme

Des techniques qui fonctionnent puisque, après analyse des images de vidéosurveillance, seuls deux membres de la Mezza Lyon ont été formellement reconnus par les policiers. Jugés en janvier 2024 par le tribunal de Marseille, ils ont été reconnus coupables de provocation à la haine pour avoir brandi le drapeau de leur groupuscule néo-nazi, condamnés à des peines de prison ferme (six et quatre mois, aménageables avec bracelet électronique) et interdits de stade pendant trois ans. Mais faute d'éléments suffisants, ils ont été relaxés pour les cris de singe et les saluts nazis...

Extrait de "Hooligans : ramener le foot à la raison !", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 13 juin 2024.

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