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Semaine décisive pour le duo Hollande-Ayrault

FRANCE - Entre audit général des finances publiques, discours de politique générale devant le Parlement et arbitrages sur les prix du gaz ou les salaires des fonctionnaires, c'est une semaine charnière pour l'exécutif.

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François Hollande (à gauche), et Jean-Marc Ayrault, 26 juin 2012 à Paris. (FRED DUFOUR / AFP)

Entre audit général des finances publiques, discours de politique générale devant le Parlement et arbitrages sur les prix du gaz ou les salaires des fonctionnaires, la semaine du 2 juillet est une semaine charnière pour François Hollande et le gouvernement. FTVi détaille cet agenda chargé.

• Lundi : état des lieux des finances

Mauvaises nouvelles en perspective. Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, remet lundi à Jean-Marc Ayrault son audit sur les finances publiques de la France. Ce "rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques" fait le bilan de la gestion de la majorité précédente et doit énoncer les conditions que la France devra remplir pour ramener, comme elle s'y est engagée, ses déficits publics à 4,5% du PIB cette année et 3% en 2013.

Selon Le JDD, le gouvernement hériterait de 1,5 milliard d'euros de dépenses non financées. Certaines dépenses n'ont pas été provisionnées : 300 millions d'euros pour la prime de Noël versée aux allocataires du RSA ou encore 200 millions d'euros liés aux baisses de charges promises aux agriculteurs. 

Sitôt formé, le gouvernement Ayrault avait passé commande de cet audit à la Cour, conformément au vœu maintes fois exprimé par François Hollande au cours de la campagne présidentielle. Ses conclusions doivent lui permettre d'ajuster les curseurs de la dépense publique et les premières mesures fiscales du quinquennat dans la loi de finances rectificative (ou collectif budgétaire) qui révisera le budget 2012. On sait déjà que le gouvernement s'apprête à réviser à la baisse ses prévisions de croissance à 0,4% au mieux pour 2012 et entre 1% et 1,3% pour 2013, contre 0,5% et 1,7% prévus jusqu'à présent pour ces deux années.

• Mardi : discours de politique générale

Jean-Marc Ayrault dévoilera l'essentiel des mesures prévues par le gouvernement lors de son discours de politique générale à la tribune de l'Assemblée nationale. Aucune surprise à attendre a priori, a confirmé le Premier ministre au JDD"Je ne vais pas révéler aux Français un nouveau programme", car "ma feuille de route, c'est le projet de François Hollande (…), précis, travaillé, chiffré. C'est le réalisme de gauche."  Son texte est déjà rédigé et a été relu par le président de la République.

• Mercredi : Conseil des ministres sur le budget

Après la remise du rapport de Didier Migaud, le Conseil des ministres doit se pencher sur le projet de loi de finances rectificative pour 2012, intégrant les erreurs et trous dans la trésorerie pointés par la Cour des comptes, mais également la baisse des prévisions de croissance. Le collectif budgétaire sera débattu, à compter du 16 juillet, par le Parlement réuni en session extraordinaire. Dans la foulée, les députés continueront à siéger pour une session extraordinaire qui se prolongera jusqu'au 31 juillet avec, notamment, le débat sur le pacte de croissance européen.

• Des arbitrages difficiles

Cette semaine chargée devrait également être ponctuée par des annonces et des décisions qui risquent de froisser. Ainsi, les fonctionnaires peuvent s'attendre à un "tour de vis" sur les salaires, assurent Les Echos en citant des extraits des lettres de cadrage adressées aux ministères par Jean-Marc Ayrault. Selon le quotidien économique, ces lettres recommandent notamment de "stabiliser en valeur les dépenses de personnel", ce qui "implique un tour de vis sur la rémunération des fonctionnaires". Le gouvernement sera amené à s'expliquer.

Enfin, va-t-on assister à une confrontation entre le gouvernement et GDF Suez ? Alors que le groupe souhaite augmenter les tarifs du gaz de 5% en juillet, l'exécutif réfléchirait à un gel des prix. Selon Les Echos de dimanche, "le gouvernement réfléchit sérieusement à publier un arrêté tarifaire qui annulerait la demande du géant de l'énergie". Une décision confirmée à demi-mot par le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, invité de France 2 lundi matin. Interrogé à ce sujet, il a dit croire "qu'il ne faut pas trop frapper [au portefeuille] les couches moyennes et populaires".

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