Sapin aux Finances, Cazeneuve à l'Intérieur, Royal à l'Ecologie... le gouvernement de Manuel Valls

Seize ministres ont été nommés, avec seulement deux nouveaux entrants et un jeu de chaises musicales pour certains. 

L\'ancien ministre de l\'Ecologie, Philippe Martin, passe le témoin à Ségolène Royal, le 2 avril 2014 à Paris.
L'ancien ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, passe le témoin à Ségolène Royal, le 2 avril 2014 à Paris. (FRED DUFOUR / AFP)

Le nouveau gouvernement est nommé. Le secrétaire général de la présidence de la République, Pierre-René Lemas, a annoncé mercredi 2 avril dans la cour de l'Elysée les noms des ministres du premier gouvernement de Manuel Valls. Les secrétaires d'Etat seront nommés la semaine suivante.

Voici la composition de ce gouvernement de 16 ministres.

Ceux qui entrent

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. A 60 ans, l'ancienne candidate du PS à la présidentielle prend la tête d'un grand ministère. Enarque et ancienne compagne de François Hollande, Ségolène Royal a déjà été ministre de l'Environnement, de 1992 à 1993, dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy. Elle avait ensuite occupé les fonctions de ministre déléguée à l'Enseignement scolaire (de 1997 à 2000), puis de ministre déléguée à la Famille (de 2000 à 2002), dans le gouvernement de Lionel Jospin.

Présidente de la région Poitou-Charentes depuis 2004, la socialiste reste sur deux échecs politiques sur le plan national : lors de la primaire socialiste pour l'élection présidentielle de 2012, et lors de la législative qu’elle a perdue face au dissident socialiste Olivier Falorni.

François Rebsamen, ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social. Vieil ami de François Hollande, il était resté sur la touche en mai 2012. Il espérait alors hériter du ministère de l'Intérieur, où le chef de l'Etat avait finalement préféré nommer Manuel Valls. Un choix vécu par Rebsamen comme une humiliation personnelle.

Patron des sénateurs socialistes depuis 2011, le maire de Dijon succède à Michel Sapin, nommé aux Finances publiques. Pour la première fonction ministérielle de sa carrière, François Rebsamen, 62 ans, aura la difficile mission d'inverser la courbe du chômage. Un objectif que Michel Sapin n'est jusqu'à présent pas parvenu à atteindre.

Ceux qui changent de poste

Benoît Hamon, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Discret ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire et à la Consommation sous Jean-Marc Ayrault, ce représentant de l'aile gauche du PS profite de son alliance récente avec Manuel Valls pour monter en grade. Sa promotion permet également de contrebalancer le côté droitier du nouveau Premier ministre.

Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics. Après un passage au ministère du Travail, l'ami personnel de François Hollande retrouve Bercy, une maison qu'il connaît bien pour l'avoir dirigée comme ministre de l'Economie et des Finances de 1992 à 1993 sous Pierre Bérégovoy. Il devra cependant cohabiter avec le bouillant Arnaud Montebourg.

Arnaud Montebourg, ministre de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique. Comme Benoît Hamon, il doit sa promotion à son alliance avec Manuel Valls et au fait qu'il évolue dans l'aile gauche du Parti socialiste. Déjà ministre du Redressement productif, il décroche le prestigieux portefeuille de l'Economie.

Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur. C'est la surprise de ce remaniement. Un temps annoncé à l'Elysée comme secrétaire général, l'ancien élu de Cherbourg change une troisième fois de portefeuille, après le Budget et les Affaires européennes. Sa nomination apparaît comme un compromis entre le président et son Premier ministre, après l'intense bataille que se sont livrés François Rebsamen, proche du premier, et Jean-Jacques Urvoas, choix du second.

Sylvia Pinel, ministre du Logement et de l'Egalité des territoires. Membre du Parti radical de gauche, l'ancienne ministre de l'Artisanat profite du départ de Cécile Duflot, qui occupait ce portefeuille, et des ennuis judiciaires du patron de son parti, Jean-Michel Baylet, mis en examen mardi.

George Pau-Langevin, ministre des Outre-Mers. Ancienne ministre déléguée à la Réussite éducative, la députée de Paris gagne ses galons de ministre de plein exercice en remplacement de Victorin Lurel.

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. L'ancienne porte-parole du gouvernement perd ce rôle symbolique, mais hérite d'un grand ministère, au périmètre inédit.

Ceux qui restent

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international. Indéboulonnable, l'ancien Premier ministre conserve son portefeuille, auquel il adjoint celui de Pascal Canfin, le ministre écologiste qui a refusé de poursuivre l'aventure.

Christiane Taubira, garde des Sceaux, ministre de la Justice. Opposée à Manuel Valls sur plusieurs sujets depuis deux ans, elle était annoncée partante. Elle conserve finalement son portefeuille.

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Poids lourd du gouvernement précédent et fidèle de François Hollande, l'homme de la guerre au Mali et en Centrafrique reste à poste.

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales. Elle reste au gouvernement, mais perd au passage le portefeuille de la Santé, qui devrait logiquement revenir à l'un des secrétaires d'Etat nommés la semaine prochaine.

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication. L'élue de Moselle conserve son portefeuille tel quel.

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, porte-parole du gouvernement. Ce proche de François Hollande garde son portefeuille, et récupère le poste symbolique de porte-parole du gouvernement. C'est lui désormais qui fera le compte-rendu du Conseil des ministres devant la presse.

Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation, de la Réforme de l'Etat et de la Fonction publique. Son portefeuille est à peine modifié : la décentralisation passe devant la Réforme de l'Etat dans l'intitulé.