VIDEO. Primaire de la gauche : Benoît Hamon attaqué de toutes parts sur le revenu universel

Lors du troisième débat de la primaire de la gauche, jeudi soir, plusieurs candidats ont critiqué l'ancien ministre de l'Education nationale sur l'une de ses mesures phares : le revenu universel. 

Benoît Hamon sur le plateau de France 2, le 19 janvier 2017.
Benoît Hamon sur le plateau de France 2, le 19 janvier 2017. (HANS LUCAS)

Après un "tous contre Valls" lors du premier débat de la primaire de la gauche, il régnait un parfum de "tous contre Hamon" lors du troisième débat, jeudi 19 janvier, sur France 2. L'ancien ministre de l'Education nationale a fait l'objet d'attaques de la part de plusieurs de ses concurrents sur la mesure phare de son programme : le revenu universel.

>> L'article à lire pour comprendre le débat sur le revenu universel

Tout au long de ces derniers mois, Benoît Hamon l’a martelé : il veut mettre en place, à terme, un revenu universel d’existence de 750 euros par mois. Impossible, pour plusieurs de ses anciens collègues qui évoquent un problème de financement. Seul à le défendre, Jean-Luc Bennahmias lui a lancé un amical : "Benoît, ne te décourage pas !"

Ceux qui l'ont attaqué : Valls, Peillon, Pinel...

C'est Manuel Valls qui, le premier, a attaqué Benoît Hamon sur le revenu universel. "On ne peut pas s’engager sur un revenu universel qui demain pèserait 350 milliards", a affirmé l'ex-chef du gouvernement, qui a néanmoins ajouté : "Je le dis évidemment amicalement et ici je n’ai pas d’adversaire, mais c’est un débat très important pour l’avenir." 

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Quelques minutes plus tard, c'est Vincent Peillon qui a emboîté le pas à l'ex-Premier ministre. "C'est un point de désaccord très important entre nous (...). Trente ans d'engagement me font craindre la gauche qui fait des promesses et qui, le lendemain, déçoit", a assuré l'ex-ministre de l'Education nationale, avant de poursuivre : "Là, je vis même la gauche qui modifie ses promesses au fur et à mesure de la primaire puisqu'elle se rend compte qu'elle en a fait beaucoup, c'est le cas sur le revenu d'existence. 400 milliards, c'est-à-dire une somme considérable qui remettrait en cause toutes les autres protections sociales." 

Enfin, Sylvia Pinel a elle aussi attaqué Benoît Hamon, alors qu'elle vantait "le sérieux budgétaire et la responsabilité". L'ex-ministre du Logement a pointé, là encore, le problème de financement du revenu universel : "Il faudra quand même, Benoît, pour financer ton revenu universel, que tu nous expliques vraiment comment tu le finances parce que je n’ai pas vraiment compris. J’ai lu, mais ce que je vois, c'est que ta proposition, c’est plus que le budget actuel de l’Etat." 

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Celui qui l'a défendu : Bennahmias

Benoît Hamon n'était pas tout à fait seul. L'ancien ministre a pu compter sur le soutien très amical de Jean-Luc Bennahmias, qui lui a lancé : "Benoît, ne te décourage pas ! C'est la seule idée nouvelle proposée depuis des années. Si des politiques publiques de l’emploi organisées par les gouvernements de gauche et de la droite avaient réussi, ça se saurait. Donc, on y travaille et je reconnais, avec toi, que ça ne se fera pas du jour au lendemain", a-t-il conclu. 

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Ce que leur a répondu Hamon

Contraint de défendre sa mesure, Benoît Hamon a d'abord assuré que le revenu universel créerait "de l'emploi" et redonnerait "de la capacité de négociation aux salariés de pouvoir réduire leur temps de travail (...), donc d'embaucher." Pour l'ancien ministre, sa proposition aurait aussi un impact sur les jeunes : "Cela permettra, pour les jeunes, de libérer 600  000 emplois étudiants." 

Enfin, a affirmé Benoît Hamon, le revenu universel "fait circuler de l'argent dans notre économie et cela éradique la pauvreté par l'automatisation de ce revenu universel pour les pauvres."