"Gel dans les vignobles", "retraite", "mort"... Comment les socialistes enterrent le PS

Le vocabulaire des socialistes après leur défaite a viré au morbide et au belliqueux.

Une conférence de presse à l\'occasion de la présentation du dernier \"Cahier de la présidentielle\" du Parti socialiste, le 29 novembre 2016, avec Jean-Christophe Cambadélis et Guillaume Bachelay.
Une conférence de presse à l'occasion de la présentation du dernier "Cahier de la présidentielle" du Parti socialiste, le 29 novembre 2016, avec Jean-Christophe Cambadélis et Guillaume Bachelay. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Le Parti socialiste a perdu 20% de ses voix en cinq ans. Alors qu'ils avaient obtenu 29,35% des suffrages en 2012, le PS et ses alliés n'en ont eu que 9,51% au premier tour des legislatives, dimanche 11 juin. Une défaite, une débâcle, que les responsables du parti de la rue de Solférino ont préféré décrire par la métaphore.

Franceinfo a repéré les mots utilisés par les socialistes après leurs mauvais scores.

"A terre, décapité, éclaté"

Le PS est en lambeaux. Au soir et au lendemain du premier tour des législatives, les responsables du PS accusent le coup. L'ex-secrétaire d'Etat PS Thierry Mandon a estimé lundi sur RTL que le parti socialiste était à "terre, décapité, éclaté". "C'est quand même difficile d'avoir un soir de premier tour aussi violent", a-t-il reconnu, visiblement abatu.

"C'est un moment difficile, il faut serrer les rangs", a déclaré quant à lui Julien Dray dimanche soir sur France 2, usant de la métaphore guerrière.


Réaction de Julien Dray

Mais l'ancien député PS et conseiller régional d'Ile-de-France y croit encore, rappelant une citation de François Mitterand après la défaite du PS aux législatives de 1993 (de plus faible ampleur que celle de 2017) : "On reviendra".

La déprime

Discours morbide pour l'ancienne ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol. Pressée par les journalistes devant le siège du PS, rue de Solférino à Paris, l'ex-sénatrice de l'Oise s'est emportée.

Vous voulez quoi ? Que je saute dans la Seine ?Laurence Rossignol


"Vous voulez quoi ? Que je saute dans la Seine ?", lance Laurence Rossignol avant le bureau national du PS

"C'est comme le gel dans les vignobles"

Le PS est-il mort ? Pour l'ex-ministre chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie entre 2012 et 2014 Michèle Delaunay, "c'est comme le gel dans les vignobles".

Je suis une spécialiste des personnes âgées. Quand on a déjà atteint 110 ans, c'est qu'on est vraiment résistant. Le PS a subi des moments terribles. On a toujours dit qu'il était en soins palliatifs. Il n'en est rien. C'est comme le gel dans les vignobles. C'est un très mauvais moment. Nous reconstruirons le PS.Michèle Delaunayà franceinfo

"La tête de Cambadélis, elle a déjà roulé dans la sciure"

Pour Alexis Bachelay, député socialiste sortant éliminé dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine, la défaite du PS est à mettre sur le compte du non-renouvellement des responsables du parti. "L'heure de la retraite a sonné", a-t-il lancé lundi sur BFM TV. Interrogé sur le maintien du premier secrétaire du parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis, Alexis Bachelay s'est montré cassant.

On ne va pas demander la tête de Jean-Christophe Cambadélis, elle a déjà roulé hier dans la sciure, on ne tire pas sur une ambulance. Il fait partie de cette génération qui doit passer la main.Alexis Bachelay

La "mort" du PS pour les anciens socialistes

Ceux qui ont déjà pris leurs distances avec le Parti socialiste se sont montrés plus directs. "Le PS est très clairement mort", a lancé le conseiller de Paris Jean-Marie Le Guen, dimanche sur LCI. Celui qui a déclaré être "dans la majorité présidentielle" avait déjà tenu des propos similaires par le passé.

Même affirmation pour Christophe Castaner, ancien membre du Parti socialiste, qui a rejoint le mouvement d'Emmanuel Macron, En Marche !, en 2016.

Le PS est mortChristophe Castanerà franceinfo