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Où en est Jean-François Copé dans la course à 2017 ?

Avant son passage à l'émission "Des paroles et des actes", jeudi soir sur France 2, le président de l'UMP a prévu de prendre de la hauteur.

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Le président de l'UMP, Jean-François Copé, le 8 septembre 2013, au Touquet-Paris-Plage (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Depuis l'épique élection à la tête de l'UMP, Jean-François Copé s'est assagi. Alors que François Fillon a ouvertement déclenché les hostilités dans la course à la présidentielle de 2017, le président de l'UMP se fait plus discret. Avant son passage à l'émission "Des paroles et des actes", jeudi 10 octobre sur France 2, il a prévu de prendre de la hauteur. "Je ne ferai pas de politique politicienne", a-t-il confié. Francetv info fait le point sur sa position et sa stratégie.

Un président de l'UMP désormais incontesté…

Jean-François Copé peut se targuer d'avoir remporté une première bataille : celle de la présidence de l'UMP. En mai, son rival, François Fillon, a rendu les armes, acceptant de renoncer au poste moyennant l'organisation d'une primaire ouverte pour la présidentielle de 2017 et un fonctionnement plus démocratique de l'UMP.

En même temps qu'ils ont approuvé les nouveaux statuts de l'UMP, les militants se sont prononcés à 92%, fin juin, pour ne pas organiser un nouveau vote. Conforté dans son fauteuil de président de l'UMP gagné à la hussarde, Jean-François Copé n'a plus à affronter les procès en légitimité du camp Fillon, qui s'est trouvé un nouveau rival : Nicolas Sarkozy.

Mieux, en face d'un ex-Premier ministre qui clive de plus en plus, le député-maire de Meaux ferait presque figure de pacificateur. Un paradoxe pour celui qui est ressorti de la crise interne à l'UMP avec une image d'opportuniste et de tricheur. Reste à savoir si le Jean-François Copé nouveau est susceptible de redorer son blason auprès de l'opinion publique. Dans le dernier baromètre TNS Sofres, sa cote d'avenir reste scotchée à 20%, très loin derrière François Fillon, Nicolas Sarkozy ou encore Alain Juppé. "C'est vrai qu'au niveau des sondages, j'ai les pieds dans le gaz de schiste", reconnaît-il.

… mais relégué au second plan derrière la guerre Sarkozy-Fillon

Longtemps, Jean-François Copé s'est présenté comme un indéfectible soutien de Nicolas Sarkozy. "Quelles que soient ses décisions, je serai à ses côtés", clamait-il en août 2012. Une stratégie qui lui a assuré une belle popularité chez les militants UMP, et à laquelle il doit en partie son poste de patron du parti.

Les relations se sont crispées, un an plus tard, lorsque Nicolas Sarkozy est venu critiquer la gestion de l'UMP devant le bureau politique du parti après l'invalidation de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel. A la fin de l'été, Copé, "loyal mais pas vassal", a carrément pris ses distances. D'abord, en annonçant l'ouverture d'un débat "sérieux et objectif" sur les années Sarkozy. Ensuite, en dévoilant une ébauche de programme pour 2017.

Mais les attaques de plus en plus violentes de François Fillon contre Nicolas Sarkozy ont rapproché Jean-François Copé de l'ex-président. Dans le mot posté sur Facebook après son non-lieu dans l'affaire Bettencourt, Nicolas Sarkozy remercie le patron de l'UMP, seule personnalité à être nommément citée.

Le risque, pour lui, est de se laisser enfermer dans le rôle de second, et de ne plus se trouver en position de jouer sa propre partition. De fait, nombre de ses anciens soutiens pour la présidence de l'UMP roulent en réalité pour Nicolas Sarkozy.

Les yeux rivés sur 2014

La stratégie à adopter pour arriver en position de force à la primaire de l'UMP, prévue en 2016, n'intéresse pas Jean-François Copé. C'est en tout cas ce que lui et ses proches répètent en boucle. "A chaque fois qu'on est prisonnier de querelles politiciennes ou de personnes, le prix à payer est colossal", a-t-il déclaré mercredi matin devant le bureau politique du parti.

Pour Copé, l'heure n'est donc pas aux règlements de comptes, mais à faire gagner son camp. "2017 ne pourra être un succès que si on gagne les municipales de 2014", prévient-on dans son entourage, où l'on souligne que quatre autres élections intermédiaires interviendront : européennes et sénatoriales en 2014, régionales et cantonales en 2015.

En attendant, Jean-François Copé a décidé de ne parler que des questions de fond. Rythmes scolaires, impôts, emploi, réforme pénale… Le chef de l'UMP s'est montré très présent ces derniers jours sur ces sujets délicats pour le gouvernement. "Le mieux, c'est que l'on s'occupe des Français", a-t-il exposé mercredi devant les responsables du parti.

En 2017, son heure viendra, ou pas, et ce n'est pas la question aujourd'hui, tranche-t-on dans le camp Copé. "Bien sûr qu'il a de l'ambition, mais c'est une haie après l'autre."

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