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Agacé par Sarkozy, Copé prend ses libertés

Le président de l'UMP refuse d'être réduit au rôle de "vassal" de l'ancien chef de l'Etat.

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France Télévisions
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Le président de l'UMP, Jean-François Copé, et l'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, sortent du siège de l'UMP, le 8 juillet 2013 à Paris. (JACQUES BRINON / AP / SIPA)

"Loyal, mais pas vassal", résume son entourage. Un peu plus d'un an après la défaite de Nicolas Sarkozy face à François Hollande, Jean-François Copé semble peu à peu prendre des distances avec l'ancien chef de l'Etat. Dimanche 25 août, pour son meeting de rentrée à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), le président de l'UMP n'a cité qu'une seule fois son nom. Une phrase et une seule, simplement pour remercier celles et ceux qui ont aidé l'UMP à rembourser les frais de la dernière campagne présidentielle, après leur invalidation par le Conseil constitutionnel.

Service minimum, donc, quelques jours après avoir accepté d'ouvrir l'inventaire des années Sarkozy, réclamé par de nombreux ténors. Il y a un an jour pour jour, pourtant, Jean-François Copé prêtait serment d'allégeance à Nicolas Sarkozy, en promettant de se dresser "sur la route" de tous ceux qui voudraient critiquer l'ancien chef de l'Etat, et d'être présent "à ses côtés" s'il décidait de revenir sur le devant de la scène politique en 2017. Une stratégie qui lui a permis de s'inscrire en premier défenseur de Nicolas Sarkozy, et de bénéficier par ricochet de l'incroyable popularité dont jouit l'ex-président auprès des militants UMP. 

La méfiance de Sarkozy

Depuis, les temps ont un peu changé. Jean-François Copé est parvenu tant bien que mal à prendre les rênes du parti, mais l'affrontement qui l'a opposé à François Fillon a désespéré Nicolas Sarkozy. Et l'ancien chef de l'Etat ne s'est pas privé de le faire savoir. Pire, devant l'UMP rassemblée au siège du parti le 8 juillet, Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à faire part de ses critiques sur la gestion de l'UMP. Pas franchement du goût de Jean-François Copé.

D'autant qu'un mois plus tôt, le 2 juin, Nicolas Sarkozy avait invité François Baroin à l'accompagner à Londres, où il tenait une conférence privée. Un épisode resté en travers de la gorge de Jean-François Copé, pour qui François Baroin, ancien ami qui a soutenu François Fillon lors du vote pour la présidence de l'UMP, est un traître. "Je vous le confirme : je n'ai pas apprécié", a reconnu le patron du parti ce week-end, lors d'un aparté avec les journalistes.

Anecdotiques en apparence, ces deux épisodes ont "peut-être ouvert les yeux" du député-maire de Meaux, avance un parlementaire UMP qui s'est entretenu il y a quelques jours avec l'ancien chef de l'Etat. "Sarkozy n'est pas dupe. Il a le sentiment que Copé n'est devenu sarkozyste que lorsque les sondages ont montré combien il restait populaire au sein de l'UMP, souligne cet élu. Il se méfie de lui comme de la peste, car il n'oublie pas que lorsque Copé était à la tête du groupe UMP à l'Assemblée, il ne lui facilitait pas les choses. C'est le moins que l'on puisse dire."

L'ambition de Copé

En attendant, Jean-François Copé ne semble pas comprendre pourquoi Nicolas Sarkozy se montre si distant à son égard, lui qui s'est à l'inverse montré si bienveillant auprès de l'ancien président depuis un an. Au beau milieu du mois d'août, il a donc décidé de prendre quelques libertés. Après avoir déclaré dans un entretien au Nouvel Observateur qu'il n'était "pas sarkozyste", il a d'abord décidé d'ouvrir le fameux inventaire, sans prévenir Nicolas Sarkozy. "Je n'ai pas vocation à demander la permission aux uns et aux autres", assume Copé, interrogé par Le Monde. Et à Châteaurenard, dimanche, le président de l'UMP a carrément dévoilé un début de programme de candidat pour 2017. Une manière de faire comprendre que s'il a juré fidélité à Nicolas Sarkozy, il ne se contentera pas des seconds rôles. "Fillon a annoncé la couleur au début de l'été. Copé le fait maintenant", observe le sénateur Pierre Charon. "Si Sarkozy décide de revenir, Copé redoute sûrement de lui servir de portier", résume un filloniste.

D'autant que dans l'entourage de l'ancien président, on murmure que s'il décidait de revenir, Nicolas Sarkozy pourrait le faire en dehors d'un parti. Un moyen de fragiliser, voire d'esquiver, la primaire prévue à l'UMP. "Quand on voit qu'il a réussi à lever 10 millions d'euros en deux mois, en dehors de toute campagne, ça peut donner quelques idées", glisse l'un de ses proches. Une hypothèse qui ne plaît guère à Jean-François Copé. "S'il a réussi à lever 10 millions d'euros, je n'y suis peut-être pas pour rien", s'agace-t-il. Quant à l'idée d'une campagne hors-parti, il ne cache pas, là non plus, son scepticisme : "C'est très utile et indispensable d'avoir le soutien d'un parti. Et celui de son président aussi", ajoute-t-il.

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