"Il affaiblit toute la Nupes" : l'attitude de Jean-Luc Mélenchon après la mort de Nahel agace à gauche

Au sein de la Nupes, les voix se font de plus en plus fortes pour dénoncer l'absence d'appel au calme de la part du leader de du chef de la France insoumise après la mort de Nahel.
Article rédigé par Victoria Koussa, franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 1 min
Jean-Luc Mélenchon dans le cortège du 1er mai 2023. (FRED DUGIT / MAXPPP)

On ne parle plus de divergences stratégiques ou politiques : après le refus de Jean-Luc Mélenchon d'appeler explicitement au calme après la mort du jeune Nahel, c'est un fossé qui sépare aujourd'hui le leader insoumis du reste de la gauche. L'ancien candidat à la présidentielle avait allumé la mèche au lendemain du coup de feu mortel de ce policier contre le jeune homme dans sa voiture, alors que les banlieues s'embrasent. "Les chiens de garde nous ordonnent d'appeler au calme, nous appelons à la justice" écrit-il sur Twitter.

Les leaders de gauche ne tardent pas à afficher leur différence : le patron du PS Olivier Faure appelle "tous les élus à participer au retour au calme", avant d'en remettre une couche pendant le week-end contre le chef des Insoumis.

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Certains dénoncent une faute politique de la part de Jean-Luc Mélenchon et de ses troupes qui défendent ses prises de position. "Ils sont complètement cinglés", s'étrangle un pilier du Parti communiste, hostile au leader insoumis. Pour lui, les propos tenus s'assimilent à "une sortie de route", qui pourrait éloigner "durablement la gauche du pouvoir" en la transformant en "épouvantail". "Qui a envie de confier la destinée du pays à ces gens-là ?"

Une indignation partagée par les socialistes. Jean-Luc Mélenchon "se fait l'avocat du désordre" s'agace un député pour qui le leader de LFI "affaiblit toute la Nupes" mais commet surtout, d'après lui, "une erreur d'analyse". D'après plusieurs élus de gauche, l'ancien candidat à la présidentielle fait fausse route en pensant que "tout ce qui bouge est rouge". Pour eux, ces émeutes ne sont pas une insurrection sociale, mais une colère complexe, insaisissable, profonde. Ils soulignent aussi le changement de discours du leader insoumis, qui qualifiait en 2012 de "crétins" et de "bouffons" ceux qui cassaient pour dénoncer la mort d'un jeune à scooter à Amiens.

La réforme des retraites est passée, la contestation avec, LFI cherche peut-être un nouveau souffle. Au risque de faire s'écrouler le château de cartes de la Nupes, déjà bien fragilisé.

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