Fête de l'Huma : "Le seul cadrage médiatique de cet événement est la non présence de Jean-Luc Mélenchon"

Rémi Lefebvre, professeur à Sciences Po Lille, a expliqué, samedi sur franceinfo, que le Parti communiste français a beaucoup de difficultés à se positionner sur la scène politique alors qu'il organise la Fête de l'Humanité.

Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, le 2 février 2017, à Paris.
Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, le 2 février 2017, à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

L'absence de Jean-Luc Mélenchon, patron de la France Insoumise, a été le principal sujet de conversation à la Fête de l'Huma, samedi 16 septembre, selon le professeur à Sciences Po Lille Rémi Lefebvre, interrogé sur franceinfo. "C’est un peu cruel et peut-être un peu injuste pour le Parti communiste, car la Fête de l’huma est la vitrine du PCF, mais, là, le seul cadrage politique et journalistique de cet événement est la non présence de Jean-Luc Mélenchon", a expliqué Rémi Lefebvre.

"Ça traduit bien aujourd’hui la difficulté pour le PCF dans un paysage de gauche, dans un paysage transformé depuis la dernière séquence électorale", a estimé Rémi Lefebvre. "On a beaucoup entendu les députés LFI pendant les débats sur la moralisation ou sur les ordonnances. Il y a de nouvelles têtes qui sont apparues. On ne peut pas en dire autant des députés communistes alors même s’il y a des personnalités intéressantes et nouvelles, mais qui n’ont pas percé médiatiquement", a poursuivi dans sa démonstration l'enseignant en sciences politiques.

Le risque est que le PC n’existe plus politiquementRémi Lefebvre
professeur à Sciences Po Lille
à franceinfo

Pour Rémi Lefebvre, "les députés communistes ne sont pas visibles et n’incarnent pas l’opposition à gauche". La stratégie politique du Parti communiste est difficile à suivre, selon l'enseignant : "Comme on a du mal à comprendre son positionnement politique, le PCF a du mal à exister et à marquer une différence. Pierre Laurent, son secrétaire national, face à ce discours incarne une stratégie plus 'old school'. La convergence des appareils, la discussion avec Benoît Hamon. On voit que la rupture est consommée."

"Finalement, a conclu Rémi Lefebvre, il y a plus de choses qui se jouent entre Pierre Laurent et Benoît Hamon qu’entre Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon, c’est un peu les paradoxes de cette situation politique à gauche très brouillée. Pierre Laurent essaye d’exister, de lancer des pistes et de ne pas isoler le PCF, mais ce n’est pas sûr que ça aille très loin puisque Benoît Hamon est sur une stratégie personnelle et on ne la comprend pas très bien. C’est une évolution à gauche qui va prendre beaucoup de temps."