Alliance entre Le Pen et Dupont-Aignan : "Un deal pathétique fait sur le dos des Français", dénonce le porte-parole de Macron

Christophe Castaner, porte-parole de d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, a vivement critiqué l'alliance entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen, samedi, sur franceinfo.

Christophe Castanner, porte-parole d\'Emmanuel Macron.
Christophe Castanner, porte-parole d'Emmanuel Macron. (FRANCEINFO)

Christophe Castaner, député (PS) des Alpes-de-Haute-Provence et porte-parole d'Emmanuel Macron, a dénoncé samedi 29 avril sur franceinfo, le "mensonge" de Nicolas Dupont-Aignan, désormais allié à Marine Le Pen, qui "prétend agir au nom du gaullisme alors que le gaullisme est, au contraire, le combat contre ce qu'incarne le Front national." Pour lui l'alliance entre la candidate du FN et le président de Debout la France, avant le second tour de l'élection présidentielle (7 mai), est "un deal, un petit accord d'appareils" qui se fait "sur le dos des Français". Marine Le Pen a annoncé samedi qu'elle nommerait Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre, si elle était élue à l'Élysée.

franceinfo : Que pensez-vous de cette alliance entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen ?

Christophe Castaner : C'est d'abord un mensonge. Celui de Nicolas Dupont-Aignan qui prétend agir au nom du gaullisme alors que le gaullisme est, au contraire, le combat contre ce qu'incarne le Front national. Et puis ensuite, c'est surtout un deal, petit accord d'appareil. Marine Le Pen entre dans la combine pour tenter d'accéder au pouvoir. Il y a un accord entre eux : on se partage déjà les postes ministériels, les circonscriptions et on aborde même la question des deals financiers à venir pour la vie de leurs deux partis. Tout cela est pathétique et se fait sur le dos des Français. Emmanuel Macron, lui, porte un projet politique. Il a des soutiens et nous les avons négociés avec personne, parce que nous voulons être élus sur notre ligne politique, sur la personnalité de notre candidat, pas sur des accords d'appareils.

Marine Le Pen ne cherche-t-elle pas à rassurer les Français en montrant qu'elle n'est pas toute seule si elle est élue présidente de la République ? N'êtes-vous pas plus inquiets que ça ?

Si, moi je suis inquiet pour cette présidentielle. Je ne dis pas que cette élection est pliée et qu'Emmanuel Macron sera président de la République. Je crois qu'il faut que les Français se réveillent. J'étais à Strasbourg il y a 20 ans presque jour pour jour, alors que Jean-Marie Le Pen tenait un congrès. Il y avait 50 000 personnes qui étaient descendues dans la rue pour se mobiliser contre le FN. Aujourd'hui, on voit Marine Le Pen, présente au second tour, faire des petits accords de ce genre-là et personne ne semble s'en soucier. Donc moi oui, bien sûr que ça me préoccupe. J'ai vu la tribune d'Alain Juppé. Il semble lui aussi s'en inquiéter. J'attends que des Républicains, au sens propre comme au sens figuré, se mobilisent dans cette élection et qu'on ne se trompe pas de combat.

Emmanuel Macron doit-il réagir fortement ?

Non, on n'a pas à faire campagne en fonction des accords d'appareils entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan. Notre réponse est sur le terrain. Emmanuel est dans la ruralité aujourd'hui. Nous étions à Châtellerault hier (vendredi, ndlr). Nous continuons à faire des propositions pour les Français, pas à faire des invocations, des mensonges ou des deals. On n'est pas là pour rassembler des aigreurs, on est là pour construire.