Mélenchon critique Valls et claque la porte d'une mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie

Le député de la France insoumise a reproché à Manuel Valls, qui préside la commission, sa "proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite". L'ancien Premier ministre a réagi en dénonçant un texte "ignoble et outrancier".

Jean-Luc Mélenchon, député de La France insoumise, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 6 octobre 2017.
Jean-Luc Mélenchon, député de La France insoumise, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 6 octobre 2017. (CITIZENSIDE / GERARD BOTTINO / AFP)

Difficile d'imaginer que les deux hommes ont un jour appartenu au même parti. Une nouvelle passe d'armes s'est déroulée, vendredi 6 octobre, entre Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls. Le chef de file des députés de La France insoumise a d'abord rendu public, sur son blog, sa lettre de démission de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonieprésidée par Manuel Valls, désormais député apparenté La République en marche.

En guise d'explications, le leader de la gauche radicale s'en est pris avec virulence à l'ancien Premier ministre. Dans sa lettre adressée au président de l'Assemblée, François de Rugy, il a dénoncé un choix "inapproprié" de confier la présidence de cette commission à "un personnage extrêmement clivant" qui aurait une "proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite". Il avait déjà échauffé les esprits sur Twitter en qualifiant de "corvée" le fait de siéger avec "l'ignoble Valls".

Monsieur Valls ne saurait être le personnage unifiant et tolérant qu’une telle mission impose dans le contexte particulier de la Nouvelle-Calédonie/Kanaky.Jean-Luc Mélenchon

Le député de La France insoumise reproche les propos de Manuel Valls sur les "white" et "blancos", saisis par une caméra en 2009, et pointe une "proximité" de l'ex-Premier ministre "avec les dirigeants de l'extrême droite israélienne". Il estime par conséquent que ce dernier n'est pas en mesure de présider cette commission  sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, où un référendum d'autodétermination est prévu en 2018.

"Ignoble et outrancier" 

Manuel Valls n'est pas resté silencieux après cette sortie de son opposant de gauche. L'ancien chef de gouvernement a dénoncé le ton "ignoble et outrancier" employé à son égard. "Que vient faire Israël dans ce débat ? Quel lien avec l'islamisme radical ? Là encore, des raccourcis et allusions évidentes et délétères", a répondu sur Twitter Manuel Valls, qui a récemment accusé les députés LFI de tenir "un discours islamo-gauchiste".

"Tous les républicains ont un devoir de vigilance face à ses thèses et prises de position. Personne ne peut laisser passer cela", a conclu le député de l'Essonne. François de Rugy a déploré lui aussi la "nature des propos" de Jean-Luc Mélenchon et assuré que "la création et la constitution de la mission" s'étaient déroulées "dans des conditions parfaitement conformes au règlement" de l'Assemblée, n'excluant "aucune force politique".