"Salut le facho", "espèce de nul"... Il ne vaut mieux pas énerver Rachida Dati

Mediapart a révélé le contenu d'un SMS incendiaire de Rachida Dati adressé à Brice Hortefeux en 2013. Franceinfo revient sur trois tacles emblématiques de l'ancienne garde des Sceaux.

Rachida Dati, lors d\'un meeting LR à Saint-André-Lez-Lille, le 8 juin 2016.
Rachida Dati, lors d'un meeting LR à Saint-André-Lez-Lille, le 8 juin 2016. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

On connaissait déjà la haine recuite entre Rachida Dati et Brice Hortefeux. Les deux sarkozystes nourrissent depuis longtemps "une inimitié de longue date", expliquait déjà Le Monde en 2010. On ne se souvenait peut-être pas à quel point l'ancienne garde des Sceaux pouvait à ce point flinguer ses ennemis.

C'est désormais chose faite avec la publication, jeudi 3 novembre, sur le site de Mediapart (article payant), d'un SMS au vitriol envoyé par la député européenne à son homologue. Pour vous rafraîchir la mémoire, franceinfo revient sur les trois fois où Rachida Dati a agi comme une véritable "tueuse". Avec des morceaux choisis dans le livre Rachida ne meurt jamais (aux éditions du Moment) de la journaliste Elisabeth Chavelet.

1"Tu veux que je te casse les tibias ?"

Si dans le journalisme politique, la métaphore du tacle est usée jusqu'à la corde, rarement une situation s'est aussi bien prêtée pour l'illustrer. La scène se déroule pendant le quinquennat Sarkozy avec, une fois n'est pas coutume, Brice Hortefeux. Ce dernier aurait alors confié à Geoffroy Didier, son conseiller place Beauvau, tout le bien qu'il pense de la ministre de la Justice.

Cette fille aurait dû voler des mobylettes dans la banlieue de Chalon. Elle termine garde des Sceaux de la cinquième puissance mondiale.Brice Hortefeux

Réplique de la principale intéressée devant l'Elysée : "Tu veux que je te casse les tibias ?" La menace est visiblement prise au sérieux par un proche du ministre de l'Intérieur qui craint que Rachida Dati ne tente un jour "un contact violent".

2"Voyou, minable. J'aurai ta peau !"

Direction cette fois le Conseil de Paris ,où Rachida Dati siège en tant que maire du 7e arrondissement depuis 2008. Lorsqu'un autre de ses ennemis, François Fillon, annonce en 2011 qu'il souhaite se présenter aux législatives de Paris dans une circonscription qui englobe son arrondissement, elle enrage.

Elle accuse un filloniste de l'époque, le maire du 15e arrondissement Philippe Goujon, aujourd'hui transfuge sarkozyste pour la primaire à droite, d'être à la manœuvre. En séance, où les deux élus siègent côte à côte, Rachida Dati commence à le traiter de "collabo" avant de prendre la parole publiquement pour lire un communiqué à voix haute. Elle se rassied et lui crie alors :

Tu aurais pu applaudir, espèce de nul. Voyou, minable, j'aurai ta peau !Rachida Dati

Pour régler ses comptes avec François Fillon, Rachida Dati est également capable de faire preuve de canulars potaches. En témoigne cette scène ubuesque relatée par un journaliste présent ce jour-là : "Un jour lors d'une réunion de l'UMP, Fillon monte à la tribune en laissant son portable sur sa chaise. La garde des Sceaux, facétieuse, s'en empare discrètement, et envoie de sa part à plusieurs femmes députées le même message : 'Tu es désirable signé François.'"

3"Tu me fous la paix !"

Dernier épisode en date, donc, le SMS incendiaire de l'ancienne garde des Sceaux publié jeudi sur le site Mediapart. Un message qui démarre par un tonitruant "salut le facho", dans lequel elle qualifie Brice Hortefeux de "ministre (naze) de l'Intérieur", d'"espèce de voyou", en plus de le menacer de déballer sur la table des dossiers "délicats" d'argent liquide et d'emploi illégal.

"Je vais dénoncer l’argent liquide que tu as perçu pour organiser des rendez-vous auprès de Sarko lorsqu’il était président, des relations tout aussi liquides que tu as eues avec Takieddine, l’emploi fictif de ton ex à la Caisse d’Epargne grâce [Thierry Gaubert, un proche de Sarkozy, mis en examen dans l'affaire Karachi] et l’emploi illégal de ta compagne actuelle au Parlement européen", menace-t-elle entre autres dans ce texto.

Et Rachida Dati de conclure : "Alors maintenant, je te préviens très fermement : tu me fous la paix ! Je ne te lâcherai pas espèce de voyou !"