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Pour Eric Ciotti, Thierry Solère "ne fait plus partie" du groupe des Républicains

Le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, battu par Thierry Solère mercredi au poste de questeur de l'Assemblée Nationale, charge son rival et estime qu'il "est quelque part marqué par une trahison permanente de tous ceux qu'il a servi".

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Radio France
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Eric Ciotti, le 29 juin 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Thierry Solère, député républicain "constructif", a été choisi mercredi 28 juin dans la soirée pour l'un des trois postes de questeurs de l'Assemblée Nationale, généralement réservé à l'opposition.

Cette décision a provoqué un tollé au sein de l'hémicycle. Les groupe des "constructifs", qui rassemble des élus Les Républicains et UDI, est plutôt favorable à la politique d'Emmanuel Macron et souhaite avancer dans une opposition constructive. Eric Ciotti, candidat de la ligne dure des Républicains battu par Thierry Solère, règle ses comptes avec son ex-allié jeudi sur franceinfo.

franceinfo : Qu'est ce que vous reprochez à l'élection de Thierry Solère au poste de questeur ? Quelles sont les conséquences pour le groupe des Républicains ?

Eric Ciotti : Le premier groupe d'opposition, celui des Républicains, n'a plus de représentation au bureau de l'Assemblée nationale et pire, ne dispose plus du moyen de contrôler les dépenses et les comptes de l'Assemblée nationale. Désormais, pour la première fois de la Ve République, il n'y aura plus cette répartition qui faisait qu'il y avait deux membres de la majorité et un membre de l'opposition, qui avaient la tâche et la responsabilité de contrôler le budget et d'engager les dépenses. C'est une rupture démocratique très importante, très lourde de conséquences, majeure même, puisque désormais cette fonction essentielle ne sera assurée que par des membres de la majorité.

Vous ne considérez pas Thierry Solère comme faisant partie de l'opposition ?

Monsieur Solère ne fait plus partie de notre groupe. Il n'y a qu'un groupe républicain à l'Assemblée nationale, qui comprend 100 membres, qui est l'expression de notre famille politique. Monsieur Solère a été candidat et c'est son droit, de la majorité, il n'a pas eu face à lui d'adversaire En Marche !. J'ajouterai que Monsieur Solère, par son comportement individuel, qui est quelque part marqué par une trahison permanente de tous ceux qu'il a servi, a voulu toucher les dividendes de la trahision. Il les a touchés hier soir au prix fort. Il est, sur un plan personnel, assez peu à même d'occuper ses fonctions de questeur, puisque ces fonctions appellent à la gestion du budget de l'Assemblée Nationale et que lui même est mis en cause dans une enquête préliminaire.

Envisagez-vous d'exclure Thierry Solère du parti Les Républicains ?

Cela est en cours. Nous aurons cette question posée lors du bureau politique du 11 juillet prochain. Nous l'avons évoqué ce matin dans notre réunion de groupe, il y a une volonté aujourd'hui quasi unanime de dire que nous voulons trancher cette situation. Nos électeurs attendent de la clarté. On a subi une défaite, nous devons l'assumer, et nous devons reconstruire. Mais nous ne pourrons reconstruire que sur des idées claires, sur des valeurs que nous partageons, celles de la droite républicaine. Monsieur Solère, comme d'autres très minoritaires, sont aujourd'hui des soutiens de la majorité. Ce positionnement est désormais incompatible avec l'appartenance à notre famille politique.

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