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Les Républicains : retour sur plusieurs mois de tensions entre Virginie Calmels et Laurent Wauquiez

L'éviction de la numéro 2, dimanche, a mis fin à une longue période de conflit ouvert à la tête du parti. 

Article rédigé par franceinfo - Juliette Campion
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Publié Mis à jour
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Virginie Calmels, alors vice-présidente des Républicains, et Laurent Wauquiez, président du parti, lors de l'ascension du mont Mézenc, en Haute-Loire, le 3 septembre 2017. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Il y a neuf mois, la juppéiste Virginie Calmels gravissait le mont Mézenc aux côtés de Laurent Wauquiez, actant son ralliement au président du parti Les Républicains,  devant de nombreux médias. Mais l'image idyllique de ce 3 septembre 2017 semble désormais bien loin. Dimanche 17 juin, Laurent Wauquiez a annoncé mettre fin aux fonctions de la vice-présidente des Républicains. Elle sera remplacée à ce poste par l'ancien ministre Jean Leonetti. 

Le limogeage de la numéro 2 du parti intervient après plusieurs mois de conflit ouvert, avec, pour point d'orgue, l'entretien très à charge de Virginie Calmels à l'encontre de Laurent Wauquiez au Parisien, qu'elle accuse d'être "uniquement là pour défendre sa propre ligne". Franceinfo revient sur les principaux griefs adressés par la désormais ex vice-présidente des Républicains à l'encontre du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. 

13 décembre : Virginie Calmels absente de la photo de famille des Républicains 

Quelques mois seulement après sa prise de fonction, Virginie Calmels "boude", le 13 décembre, la photo officielle de la nouvelle équipe dirigeante du parti, comme le rapportait RTL. Officiellement "en déplacement", la première adjointe d'Alain Juppé à Bordeaux aurait en fait été "vexée" de ne pas avoir été "promue comme seule et unique vice-présidente aux côtés de Wauquiez", avance Le Parisien. Les députés Guillaume Peltier et Damien Abad ont en effet été nommés respectivement deuxième et troisième vice-présidents des Républicains. 

Mi-février : elle garde le silence après les propos polémiques de Laurent Wauquiez à l'EM Lyon 

En février, Laurent Wauquiez est en pleine tourmente après la diffusion de ses déclarations très polémiques devant des étudiants de l'EM Lyon, enregistrées à son insu les jeudi 15 et vendredi 16 février. Diffusées dans l'émission "Quotidien" sur TMC, ses paroles, parfois très virulentes, visaient aussi bien Gérald Darmanin, qu'Emmanuel Macron ou encore Angela Merkel, mais aussi Alain Juppé, que Laurent Wauquiez accusait d'avoir "totalement cramé la caisse""Bordeaux est géniale, c'est très bien géré, mais il a fait exploser les impôts et il a fait exploser la dépense publique et il a fait exploser l'endettement", affirmait-il alors. 

Ces critiques sur la mauvaise gestion de la ville auraient fortement déplu à Virginie Calmels, qui cumule le poste de première adjointe au maire de Bordeaux avec celui de vice-présidente des Républicains. Alors que les personnalités de droite se succèdent dans les médias pour défendre leur leader, Virginie Calmels est "aux abonnés absents", constate Le Parisien. Sur Twitter, elle se contente d'un laconique : "La parole est d'argent et le silence est d'or", rapporte Le JDD

Dans Le Point, une proche de l'ex-patronne d'Endemol confie : "Elle s'est sentie visée en tant qu'élue bordelaise, donc ça l'a agacée." A posteriori, un membre haut placé des Républicains résume, dans Le Parisien"Ça a été vécu comme une première marque de défiance. On a compris ce jour-là que, en pleine tempête, on ne pouvait pas compter sur elle."

Début juin, elle critique un tract des Républicains

"Pour que la France reste la France." Voilà ce que l'on peut lire sur le nouveau tract polémique du parti Les Républicains diffusé, d'après Le Figaro, à 1,5 million d'exemplaires. Edité pour le lancement du premier week-end du Printemps des Républicains, les 9 et 10 juin 2018, il compte notamment cette phrase : "Il n'y a jamais eu autant d'immigrés, il n'y a jamais eu un tel risque terroriste."

Virginie Calmels s'en prend à ce tract qu'elle qualifie "d'inutilement anxiogène" jeudi 7 juin sur France Inter. Sur les ondes de la radio, elle précise également : "Ce tract n'a pas fait l'objet d'une validation. C'est un dysfonctionnement." 

L'après-midi même, elle poste une série de cinq tweets à charge contre l'orientation trop à droite des Républicains, dans lesquels elle regrette notamment que "ce tract ne parle pas assez d'économie alors que la lutte contre le chômage doit être une de nos priorités."  

La secrétaire générale adjointe du parti, Virginie Duby-Muller, lui aurait répondu par un texto cinglant publié dans le quotidien l'Opinion : "On a tous été destinataires en amont du tract. Ton comportement nous dessert tous". 

16 juin : elle critique ouvertement Laurent Wauquiez dans "Le Parisien"

Alors qu'elle devait initialement exprimer ses griefs contre Laurent Wauquiez jeudi 14 juin dans la matinale de France 2 comme le révèle l'Opinion, "la chaîne la décommande au profit d’Agnès Buzyn, la ministre de la Santé" affirme le quotidien.

Son coup de grâce aura donc lieu samedi 16 juin, dans une interview très critique accordée au Parisien. Elle attaque frontalement Laurent Wauquiez, lui reprochant de ne pas être assez rassembleur : "Il démontre au fur et à mesure des jours qui passent qu'il semble être uniquement là pour défendre sa propre ligne", regrette-t-elle. 

Moi, j'ai cru avec sincérité à sa volonté de rassemblement et j'ai soutenu ses propositions, car je suis pour un régalien fort.

Virginie Calmels

au Parisien

Dans cet entretien en forme de règlement de comptes, elle réaffirme ses "convictions chevillées au corps" qu'elle met en opposition avec "la rhétorique de ceux qui jouent sur les peurs pour se faire élire". La première adjointe d'Alain Juppé conclut : "Il estime qu'il ne doit son élection qu'à sa seule présence, je ne partage pas cette vision."

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