Le maire de Quimper quitte Les Républicains, un mouvement qui "colle aux baskets du Rassemblement national"

Ludovic Jolivet, en rupture avec la ligne prônée par Laurent Wauquiez, rejoint le mouvement Agir.

Ludovic Jolivet, le maire de Quimper, lors du dépouillement des votes aux élections européennes de 2019.
Ludovic Jolivet, le maire de Quimper, lors du dépouillement des votes aux élections européennes de 2019. (VINCENT MOUCHEL / MAXPPP)

Ludovic Jolivet constate "une sorte de rupture dans le contrat idéologique avec LR" et en tire les conséquences : le maire de Quimper a annoncé vendredi qu'il quittait le parti de Laurent Wauquiez, en crise depuis la débâcle des européennes, pour rejoindre le parti de centre droit Agir. Cette formation, constituée d'ex-LR pro-Macron qui ont fait alliance avec La République en Marche pour les élections européennes, avait appelé les élus locaux de droite qui ne se reconnaissent pas dans la ligne de Laurent Wauquiez à les rejoindre. Ludovic Jolivet explique, samedi 1er juin sur franceinfo, que Les Républicains ont fait "le choix du repli", un choix "un peu contre-nature" selon lui.

franceinfo : Pourquoi avoir choisi de quitter Les Républicains pour rejoindre Agir ?

Ludovic Jolivet : Mon mouvement politique ripe ou glisse vers une droite plutôt identitaire, très conservatrice, et colle aux baskets du Rassemblement national. Ce n'est pas un retour aux sources ni un retour aux fondamentaux, parce que ni le RPR, ni l'UMP n'avaient flirté avec ce type de thèses. Certes, nous avions des militants qui étaient très à droite à l'époque aussi, mais qui étaient minoritaires. Les militants qui composent aujourd'hui Les Républicains assument ce conservatisme, et pas moi, tout simplement. Les adhérents ont choisi Laurent Wauquiez, c'est sa ligne, c'est un choix, je le respecte. Le bureau politique confirme et assume ce positionnement conservateur et un peu contre-nature. Je considère qu'il y a une sorte de rupture dans le contrat idéologique avec LR.

Si ce sont les adhérents politiques qui ont choisi ce positionnement, c'est que la tendance pour la droite, c'est d'aller vers la droite de la droite ?

L'échiquier politique a beaucoup évolué depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron. Et la droite, qui aurait probablement dû accompagner un certain nombre de réformes, aurait dû accompagner le mouvement d'En Marche ou les choix du gouvernement. Le choix qui a été fait par LR, c'est un choix du repli pour repartir dans des fondamentaux qui ne sont pas les nôtres. Il y a un problème. Quand un élu n'est pas en phase et qu'il y a cette rupture du contrat idéologique avec son propre mouvement, il s'en va.

Vous avez rejoint Agir. Agir est proche d'Emmanuel Macron. Vous vous rapprochez de la majorité actuelle ?

Oui, parce que je considère qu'Emmanuel Macron n'est pas un président de gauche. Je pense qu'Emmanuel Macron est le président le plus libéral que la Ve République ait connu et qu'il est complètement décomplexé. Moi, cela me va bien. Aujourd'hui, Agir accompagne un certain nombre de mesures ou d'actions du gouvernement. Mes collègues Bruno Le Maire, Franck Riester ou Gérald Darmanin sont des anciens de LR qui mettent en place une politique qui ne me semble pas être en déphasage total avec ce que représentaient Les Républicains ou l'UMP auparavant. Pourquoi combattre des idées quand elles sont bonnes, pourquoi ne pas les accompagner ? Voilà ce que je reproche aujourd'hui aux dirigeants de LR.