Martine Aubry sur les déclarations d'Emmanuel Macron : "Ras-le-bol !"

La maire PS de Lille (Nord) a profité de sa conférence de presse de rentrée, mercredi, pour s'en prendre violemment au ministre de l'Economie.

La maire PS de Lille (Nord), Martine Aubry, le 18 septembre 2015, lors d\'une visite dans le quartier de Wazemmes.
La maire PS de Lille (Nord), Martine Aubry, le 18 septembre 2015, lors d'une visite dans le quartier de Wazemmes. (THIERRY THOREL / CITIZENSIDE.COM / AFP)

Une attaque en règle. Martine Aubry a violemment chargé le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, mercredi 23 septembre, confiant qu'elle en avait "ras le bol" de ses déclarations. Plus largement, la maire PS de Lille (Nord) accuse, à demi-mot, Manuel Valls et son gouvernement de ne "pas appliquer" le texte d'orientation du congrès du PS de juin, qui prévoyait d'infléchir la politique économique.

"Qu'il s'occupe de son ministère !"

Lors de sa conférence de presse de rentrée, l'ex-numéro deux du gouvernement Jospin a commenté les récentes déclarations d'Emmanuel Macron, qui avait semblé remettre en cause le statut des fonctionnaires. Sa réponse a été plutôt vive.

Macron... Comment vous dire ? Ras-le-bol ! Ras-le-bol, voilà ! Il faut qu'il mette toute son énergie, et sans doute tous ses talents, à accélérer la croissance et l'emploi. Je supporte de moins en moins à la fois l'arrogance – notamment sur les fonctionnaires, pour un ancien fonctionnaire certes devenu banquier d'affaires (...) –, et une ignorance de ce que vivent les gens aujourd'hui, et il y a un moment où ce n'est plus supportable. Qu'il s'occupe de son ministère, ce serait déjà très bien !Martine Aubry, maire PS de LilleConférence de presse de rentrée

Tout en épargnant François Hollande – dont elle souhaite "la réussite" du quinquennat – Martine Aubry s'est élevée contre les projets du gouvernement de "modifier le Code du travail, pour accroître la précarité", ce qui relève, selon elle, d'"une espèce d'idéologie du passé", qui n'est "pas la modernité". A l'inverse, elle a toutefois salué l'action du gouvernement, qui a "réussi à rétablir les marges" des entreprises "quand il a voulu améliorer la compétitivité des entreprises".