Statut des fonctionnaires : la polémique sur les propos d'Emmanuel Macron en cinq actes

Le ministre de l'Economie a semblé remettre en cause le statut particulier des fonctionnaires, vendredi, avant de se raviser après une réaction de François Hollande.

Le ministre de l\'Economie, Emmanuel Macron, lors de la visite d\'un incubateur de start-ups, le 27 juillet 2015 à Paris.
Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, lors de la visite d'un incubateur de start-ups, le 27 juillet 2015 à Paris. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

Après ses déclarations sur les 35 heures, fin août, le ministre de l'Economie a allumé une nouvelle polémique, vendredi 18 septembre, au sujet du statut des fonctionnaires. "Le statut de la fonction publique n'est plus adéquat", a lâché Emmanuel Macron. Avant de faire marche arrière, vendredi soir, assurant qu'il n'avait "à aucun moment" parlé d'une réforme. Entre temps, François Hollande avait réagi. Retour en trois actes sur cet imbroglio.

Acte 1 : Emmanuel Macron estime que ce statut "n'est plus adéquat"

Vendredi matin, le ministre de l'Economie était invité par un "think tank", En temps réel, un groupe de réflexion de gauche. Estimant qu'il faudrait aller plus loin dans les réformes que les 50 milliards d'euros d'économies prévus sur la période 2015-2017, il a appellé à s'interroger sur le statut des fonctionnaires. "Le statut de la fonction publique n'est plus adéquat" et va devenir "de moins en moins défendable", a-t-il lancé, selon Challenges et les Echos. Avant de poursuivre ses explications : "Je ne vois pas ce qui justifie que certains cadres de mon ministère bénéficient d’un emploi garanti à vie, et pas le responsable de la cybersécurité d’une entreprise."

Des propos qui n'auraient pas dû être rendus publics, raconte le Monde, puisqu'ils ont été tenus en "off" - hors micro - lors d'un petit-déjeuner débat où étaient conviés des hauts fonctionnaires, des chefs d'enteprise, et seulement deux journalistes, tous deux de l'hebdomadaire Challenges. C'est le magazine qui a décidé de briser la confidentialité de la rencontre, avant de retirer son article, puis de le remettre en ligne.

Acte 2 : Hollande se dit "attaché" à ce statut

Le président de la République s'est gardé de commenter directement les propos d'Emmanuel Macron. Mais à lâché une petite phrase sans équivoque, vendredi soir à Tulle. Décorant un fonctionnaire de l'Ordre national du mérite, le chef de l'Etat a loué en lui "un fonctionnaire d'Etat, un fonctionnaire attaché à son département de la Corrèze et, comme je le suis, attaché à son statut".

Acte 3 : Macron assure qu'il ne parlait pas d'une réforme

Quelques minutes après la déclaration de François Hollande, Emmanuel Macron s'est expliqué dans une déclaration à l'AFP. "A aucun moment je n'ai parlé d'une réforme du statut de la fonction publique que le gouvernement envisagerait", a assuré le ministre de l'Economie. Ce "statut n'est pas remis en cause", a-t-il martelé, jugeant que "les propos partiels rapportés donnent une vision déformée de ma pensée".

Acte 4 : L'aile gauche du PS fustige une nouvelle "provocation"  

L'aile gauche du Parti socialiste s'indigne face à ce qu'elle considère comme une nouvelle "provocation" du ministre de l'Economie. Emmanuel Macron avait déjà suscité la polémique quelques semaines plus tôt avec ses propos sur les 35 heures

"Emmanuel Macron s'est un peu spécialisé dans des provocations consistant à utiliser la rhétorique de la droite et les endosser comme un ministre supposé de gauche, a lancé samedi le député Laurent Baumel. Cela fait deux fois que l'exécutif est obligé de le recadrer (...) Je me demande pourquoi on ne s'en sépare pas..."

Acte 5 : "La vie vaut mieux que des petites phrases", réplique Emmanuel Macron

"Moi ces jeux-là ne m'intéressent pas, et donc vous ne me ferez tomber ni dans la langue de bois ni dans la provocation", s'est finalement défendu le ministre de l'Economie auprès de la presse, samedi, en marge des Journées du patrimoine à Bercy. "La vie vaut mieux que des petites phrases."