Perquisitions à La France insoumise : Jean-Luc Mélenchon et plusieurs cadres du parti convoqués par la justice

En octobre, après une perquisition à son domicile, le leader de La France insoumise avait appelé ses proches à "enfoncer la porte" pour entrer dans les locaux du parti, où une autre perquisition était en cours.

Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, le 20 décembre 2018 à l\'Assemblée nationale, à Paris. 
Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, le 20 décembre 2018 à l'Assemblée nationale, à Paris.  (ALAIN JOCARD / AFP)

Les insoumis appelés à s'expliquer. Jean-Luc Mélenchon et plusieurs cadres de son parti, La France insoumise, sont convoqués par la justice la semaine prochaine, afin d'être entendus par les enquêteurs après les accrochages qui ont émaillé les perquisitions visant son domicile et le siège du parti en octobre, a indiqué le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis) à franceinfo, vendredi 1er mars.

Le parquet a convoqué le leader de La France insoumise et des membres du parti dans le cadre de l'enquête ouverte pour "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique", a annoncé le procureur, confirmant une information de L'Express. Les députés Adrien Quatennens et Alexis Corbière sont également concernés, a appris franceinfo auprès du parquet, confirmant les informations de l'hebdomadaire. 

Une "énorme opération de police politique"

En octobre, des perquisitions réalisées chez Jean-Luc Mélenchon et au siège de La France insoumise avaient dégénéré. Elles étaient réalisées dans le cadre d'enquêtes du parquet sur des emplois présumés fictifs de parlementaires européens, et sur les comptes de campagne de l'ancien candidat à la présidentielle. Le leader du parti, filmant en direct sur Facebook la perquisition de son domicile, avait dénoncé une "énorme opération de police politique" à son encontre.

Plus tard dans la matinée, il s'était rendu avec des proches au siège du mouvement, où une autre perquisition avait viré à la confrontation. Sous les objectifs de nombreuses caméras de télévision, Jean-Luc Mélenchon avait appelé ses proches à "enfoncer la porte" pour entrer dans les locaux où la perquisition était en cours. On le voyait également bousculer un représentant du parquet ainsi qu'un policier qui tentait de s'interposer.

Le parquet de Paris avait aussitôt ouvert une enquête pour "menaces ou actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire" et "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique". Elle a été confiée à Brigade de répression de délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne. Entre-temps, l'affaire a été dépaysée au parquet de Bobigny "dans un souci d'impartialité", selon le parquet général de Paris. Après les perquisitions, le parquet de Paris a également décidé en novembre de la nomination de juges d'instruction pour enquêter sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon, et sur les conditions d'emploi d'assistants d'eurodéputés de la France insoumise.