Manifestations, perturbations dans les transports et les écoles… A quoi va ressembler la journée de grève du 5 février ?

Cette journée de mobilisation est organisée par la CGT, qui boycotte le grand débat national.

Des membres de la CGT manifestent à Paris, le 19 décembre 2018.
Des membres de la CGT manifestent à Paris, le 19 décembre 2018. (BERTRAND GUAY / AFP)

Elle dénonce l'"urgence sociale". La CGT a lancé, mardi 5 février, une journée de mobilisation. Pour le syndicat, le grand débat national ne va rien résoudre à la crise qui secoue la France. "Toutes les questions sont pipées et portent en germe la volonté de poursuivre une politique libérale", a jugé Catherine Perret, l'une des dirigeantes de la CGT.

Alors la centrale syndicale a choisi de boycotter l'initiative du gouvernement et réclame "sur le bitume", entre autres, la hausse des salaires et la justice fiscale. Mais cette journée de grève divise : la CFDT et Force ouvrière ne défileront pas. Toutefois, la CGT a obtenu le soutien de Solidaires, du NPA, du PCF et de La France insoumise.

De son côté, Eric Drouet, l'une des figures du mouvement des "gilets jaunes", a appelé à une "grève générale" mardi, sans citer l'appel de la CGT. Franceinfo détaille les perturbations prévues lors de cette journée d'actions.

Des cortèges un peu partout en France

La CGT liste sur son site les différents cortèges prévus dans le pays. De Lille à Toulouse en passant par Brest, Nantes, Paris, Orléans, Clermont-Ferrand ou encore Mulhouse, toutes les régions sont concernées.

Grève nationale du 5 février 2019
Infogram

Quelques trains supprimés

Des préavis de grève ont été déposés, notamment à la SNCF, du lundi 4 février à 20 heures jusqu'à mercredi matin.

Quelques trains supprimés côté SNCF. Le détail des perturbations est disponible sur cette page. Mardi matin, la compagnie ne prévoit que quelques trains supprimés : les Intercités 4752 et 4669 entre Marseille et Bordeaux, les Intercités 15943 et 15942 entre Clermont-Ferrand et Béziers, les Intercités 3675 et 3604 entre Paris et Toulouse, les Intercités 3754 et 3755 entre Paris et Rodez.

Le trafic sera en revanche normal sur les lignes de TGV. Côté Transilien, des trains pourraient être supprimés sur les lignes C et D en fonction du nombre de conducteurs grévistes, précise BFMTV. Enfin pour les TER, 98% du trafic sera assuré sur l'ensemble du territoire, précise la chaîne d'information. Il y aura toutefois des disparités selon les régions : seulement 42% du trafic sera assuré en Languedoc-Roussillon, 49% en Occitanie et 53% en Midi-Pyréenées.

De façon générale, pour savoir si un train est maintenu ou non, la SNCF invite à consulter cette page et à y renseigner le numéro du train. "Si votre train est concerné par la grève, votre billet est valable sur tous les trains de la journée (sans garantie d'une place assise)", précise la compagnie ferroviaire.

Retards probables pour les Thalys. Le réseau annonce à ses voyageurs que "des retards seront fort probables".

Aucune perturbation prévue pour l'Eurostar. C'est ce qu'a indiqué le réseau à franceinfo, lundi à la mi-journée, rappelant que si la situation était amenée à changer, ses comptes Twitter et son site seraient mis à jour.

Pas de perturbations dans les aéroports parisiens

Un préavis de grève a été déposé pour les aéroports parisiens et court de lundi 11 heures jusqu'à mercredi 7 heures, indique Le Parisien. Aucune perturbation n'était toutefois prévue à Roissy ou à Orly, selon BFMTV.

Des transports publics perturbés

A Paris, la RATP annonce la fermeture de quatre stations de métro : Hôtel de Ville, Champs-Elysées Clémenceau, Franklin D. Roosevelt et Miromesnil. La régie des transports parisiens précise à franceinfo qu'elle prévoit un "trafic normal sur l'ensemble du réseau" (métro, tramways et bus).

France 3 Auvergne-Rhône-Alpes rapporte qu'à Clermont-Ferrand, "la journée de mobilisation sera suivie par des agents du réseau de transport en commun T2C", qui évoque des services "très perturbés". A Nice, "une forte perturbation sur le réseau de transports publics" est prévue, annonce la mairie sur Twitter

En Seine-Maritime, les transports seront perturbés et 73% du trafic sera garanti dans l'agglomération rouennaise, selon Actu.fr.

A Marseille, le réseau RTM annonce un trafic normal dans le métro mais "très perturbé" sur les lignes de bus. En raison d'une manifestation, le tram T2 sera interrompu entre Arenc le Silo et Bulsunce Alcazar et le T3 entre Arenc le Silo et Cours Saint Louis. Il n'y aura qu'un tram toutes les 10 minutes sur la ligne T1.

Les chauffeurs de VTC vont à nouveau se mobiliser à Paris, à l'appel de deux organisations, FO-CAPA VTC et CFDT VTC. Ils réclament, notamment, l'instauration d'un tarif minimim de course. Le rendez-vous est fixé mardi à 6h30 porte Dauphine, les chauffeurs devraient ensuite prendre la direction de Bercy.

Des administrations au ralenti

Un préavis de grève national a été déposé par la CGT Santé action sociale (PDF), la Fédération CGT des services publics ou encore la CGT CultureA Paris, "l'accès des visiteurs pourrait être perturbé", a prévenu la tour Eiffel. Toujours à Paris, la bibliothèque nationale de France évoque un risque de perturbation des services. A Toulouse, la mairie annonce que "le fonctionnement des bibliothèques risque d'être perturbé".

Il pourrait également il y avoir des perturbations dans les hôpitaux et les établissements médico-sociaux, à l'appel de la CGT Santé, précise BFMTV. De même que La Poste, Sud PTT et la CGT Fapt ayant déposé des préavis pour la journée du 5 février, selon la chaîne d'informations.

Des classes fermées et des cantines non assurées

Le SNUipp et la FSU appellent les personnels à se mobiliser. "Au cœur des revendications : une meilleure répartition des richesses, l'augmentation du pouvoir d'achat des salariés et retraités et un accès facilité à des services publics renforcés", détaillent les organisations. De son côté, le syndicat SUD Education appelle "à construire un mouvement de grève massif (...) contre les réformes Blanquer, contre les suppressions de postes, et plus largement pour les revendications de progrès social portées avec les 'gilets jaunes'".

Selon les villes et les établissements, des classes peuvent être fermées, l'accueil du matin ou du soir peut être supprimé et la cantine non assurée. A Rennes, par exemple, la restauration du midi ne sera assurée que dans la moitié des écoles, selon ce document (PDF). A Bergerac (Dordogne), l'une des six écoles maternelles sera fermée (PDF). A Colombes (Hauts-de-Seine), "de fortes perturbations sont à prévoir dans les écoles".

La mairie de Paris a annoncé un service minimum d'accueil dans les établissements, rapporte BFMTV. Mais certaines cantines ne seront pas ouvertes et d'autres, ralenties. A Marseille, 68 cantines sur 444 seront fermées et 62 autres accueilleront les enfants avec leur pique-nique. Enfin, à Toulouse, la restauration scolaire ne sera assurée dans aucun établissement.

Les universités pourraient également être perturbées. L'intersyndicale de l'Enseignement supérieur et de la recherche a appelé ses adhérents à se mobiliser, mardi 5 février, indique Le Parisien.