Quand Manuel Valls envoie la gauche "passéiste" sur les roses

Le Premier ministre affirme vouloir en finir avec une certaine gauche dans une interview à paraître dans "Le Nouvel Observateur" jeudi. Ce n'est pas la première fois qu'il livre sa vision du socialisme. Francetv info remonte le fil.

Le Premier ministre Manuel Valls lors de la présentation du projet du \"Grand Paris\", à Créteil (Val-de-Marne), le 13 octobre 2014.
Le Premier ministre Manuel Valls lors de la présentation du projet du "Grand Paris", à Créteil (Val-de-Marne), le 13 octobre 2014. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Il n'a pas mâché ses mots. Manuel Valls s'explique une nouvelle fois sur sa ligne politique dans une interview à paraître dans Le Nouvel Observateur du jeudi 23 octobre. Lors de cet entretien, il s'en prend notamment à la gauche "passéiste". Ce qui devient une habitude pour le Premier ministre socialiste. Francetv info revient sur ses quatre précédentes charges.

Décembre 2012 : il rejette le "romantisme" de la gauche

Le 6 décembre 2012, Manuel Valls est l'invité de l'émission "Des Paroles et des actes", sur France 2. Il défend notamment sa vision réformiste du socialisme et lance : "Ma famille, c'est la gauche. (...) Je suis de cette gauche efficace." Et d'ajouter : "Il s'agit de regarder le monde tel qu'il est (...), il faut des solutions réalistes, efficaces, il n'y a pas de place pour le romantisme."

Pour marquer sa prise de distance, Manuel Valls répugne à utiliser le mot "socialisme". Il préfère rappeler qu'il s'inscrit dans une gauche réformiste : "Le problème de la gauche, c'est que c'est souvent dans l'exercice du pouvoir qu'elle est amenée à théoriser ce qu'elle fait. Je préférerais qu'elle le fasse avant. Sur les conséquences de la globalisation économique, sur le rôle de l'Etat, sur la compétitivité, sur les questions de sécurité ou d'immigration." 

Août 2013 : il prône une "gauche efficace"

Le 26 août 2013, Manuel Valls estime, sur Canal+, qu'il est "en train de réussir à réconcilier définitivement la gauche avec la sécurité". "Comme ministre de l'Intérieur, avec des valeurs de gauche, profondément engagé à gauche depuis trente ans, je peux réussir, et je suis en train de réussir, à réconcilier les Français avec une gauche efficace dans le domaine de la sécurité", martèle-t-il sur le plateau du "Grand journal".

Il veut aussi de cette "gauche efficace" dans le domaine de la justice. Malgré ses désaccords avec le projet de réforme pénale de la garde des Sceaux Christiane Taubira, il assure que tous deux continuent de "travailler main dans la main". "Nous n'avons pas d'autre choix, glisse-t-il, parce que "nous avons besoin d'une chaîne pénale efficace".

Avril 2014 : il dénonce la "critique permanente", "le mal de la gauche française"

Le 30 avril, le locataire de Matignon étrille, sur France Inter, les 41 députés socialistes qui se sont abstenus, la veille, de voter le plan de stabilité budgétaire adopté à l'Assemblée nationale. "L'ironie, la critique permanente, c'est souvent le mal de la gauche française", assène-t-il. 

Au passage, Manuel Valls "salue la gauche moderne qui a voté le pacte". "J'assume ce réformisme, j'assume cette sociale-démocratie ou, au fond, cette gauche qui regarde la réalité en face (vers 10 minutes)".

Octobre 2014 : il critique "la gauche passéiste"

Manuel Valls indique au Nouvel Obs que sa gauche, "elle est pragmatique, réformiste et républicaine". Et pas socialiste, relance Le Nouvel Obs ? "Pragmatique, réformiste et républicaine", insiste-t-il, rechignant, de nouveau, à utiliser le mot "socialiste".

Le chef du gouvernement affirme qu'"il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s'attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses".

Finalement, Manuel Valls est-il de gauche ? La réponse n'est visiblement pas arrêtée, car la question a souvent été abordée par Libération, Le Figaro, Les EchosL'Express, ou encore Le Nouvel Obs.