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Valls veut "en finir avec la gauche passéiste"

Dans un entretien accordé au "Nouvel Obs", en kiosque jeudi, le Premier ministre lance un défi à la gauche : se réinventer ou mourir, dit-il.

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France Télévisions
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Manuel Valls, le 15 septembre 2014, à Nice (Alpes-Maritimes). (  MAXPPP)

Manuel Valls appelle à "en finir avec la gauche passéiste". Ceux qui l'accusent de trahir la gauche sont "dépassés", affirme le Premier ministre dans un entretien au Nouvel Obs, à paraître jeudi 23 octobre, dont des extraits sont disponibles en ligne. Francetv info revient sur cette interview en trois citations.

"Il y a eu des mauvais choix"

Manuel Valls n'est pas toujours tendre quand on évoque le début du quinquennat. "Nous avons sans doute pris du retard, concède le socialiste. Nous aurions dû faire dès 2012 un constat plus clair sur la situation de la France, sur sa triple crise : crise de croissance, crise de la dette et des déficits, crise de confiance."

Au-delà du problème de constat, "il y a eu des mauvais choix", reconnaît le Premier ministre. Manuel Valls pense notamment à la hausse de la fiscalité, privilégiée à la diminution de la dépense publique. Cette orientation a provoqué "un véritable ras-le-bol fiscal", analyse-t-il.

"Ma gauche, elle pragmatique"

La gauche de Manuel Valls, "elle est pragmatique, réformiste et républicaine". Et pas socialiste, l'interroge Le Nouvel Obs ? "Pragmatique, réformiste et républicaine", répète-t-il.

Le Premier ministre s'oppose à une vision "passéiste" de la gauche, "celle qui s'attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses". Selon lui, "quand la gauche se recroqueville sur le passé, sur les totems, elle cesse d'être fidèle à l'idéal du progrès".

"Moi, j'évite l'insulte"

A ses critiques, qui l'accusent de trahir la gauche, Manuel Valls répond qu'ils sont "dépassés". "Moi, j'évite l'insulte, la caricature", poursuit le chef du gouvernement.

Il commence par évoquer Jean-Luc Mélenchon, auquel il reproche son "manque d'imagination". Puis Martine Aubry, qui a sévèrement égratigné la politique gouvernementale trois jours plus tôt. "Elle a assumé les responsabilités du pouvoir, aujourd'hui, elle participe au débat d'idées, constate Manuel Valls. Le débat, c'est utile, mais il y a aussi la responsabilité, l'unité et le devoir de cohésion."

"En 2012, nous aurions dû tendre la main à Bayrou"

A défaut de soigner sa gauche, Manuel Valls fait un appel du pied au centre : "Il n'y a rien de pire que le sectarisme." "Notre impératif, c'est le rassemblement", estime le Premier ministre, qui cite l'exemple du précédent président socialiste, François Mitterrand.

"En 1981, il a su s'entourer de gens qui venaient d'horizons très divers, remarque-t-il. En 2012, nous avons commis l'erreur de ne pas tendre la main à François Bayrou. Peut-être l'aurait-il refusée, mais nous aurions dû le faire."

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