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Gouvernement Valls : pourquoi il faut s'intéresser au vote de confiance

Le Premier ministre et son gouvernement sollicitent la confiance de l'Assemblée nationale, mardi 16 septembre. Le scrutin pourrait s'avérer mouvementé.

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France Télévisions
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Manuel Valls devant les députés lors de son premier discours de politique générale, le 8 avril 2014, au Palais-Bourbon. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Pour la deuxième fois en six mois, Manuel Valls et son gouvernement sollicitent la confiance de l'Assemblée nationale, mardi 16 septembre, dans un vote précédé de la traditionnelle déclaration de politique générale du Premier ministre devant les députés. Un exercice parfois austère, même si la performance du Premier ministre en avril avait été plutôt saluée. Voici pourquoi il ne faut pas manquer ce discours.

Parce que la confiance des députés n'est pas (complètement) acquise

Rien ne l'y obligeait, mais Manuel Valls a suivi la tradition en demandant au Parlement d'accorder sa confiance à son nouveau gouvernement. Il y a six mois, son premier gouvernement avait recueilli une majorité confortable. Mais, depuis, l'opposition à la politique de l'exécutif s'est intensifiée à gauche. Les frondeurs du Parti socialiste ne devraient pas voter contre Valls, mais tout de même choisir "l'abstention collective", comme l'expliquait un de leurs chefs de file, le député Christian Paul, mardi 9 septembre. 

L'Express a imaginé les différents scénarios du vote, et notamment un scénario catastrophe dans lequel les députés d'EELV refuseraient la confiance à Manuel Valls et plus de 38 députés PS s'abstiendraient. Dans ce cas, le gouvernement tomberait. L'ex-ministre écologiste Cécile Duflot, notamment, a déjà prévenu qu'elle ne voterait pas la confiance, mais elle et ses camarades pourraient également se contenter d'une abstention.

Et si le vote se jouait à une voix près, celle-ci pourrait être celle de Thomas Thévenoud, exclu du groupe PS, mais qui se trouvera peut-être dans l'hémicycle. Manuel Valls a déjà annoncé qu'il ne souhaitait pas prendre en compte un vote de l'éphémère secrétaire d'Etat au Commerce extérieur. Mais il n'a pas le pouvoir de prendre une telle décision.

Rappelons quand même que sous la Ve République, l'Assemblée n'a jamais refusé la confiance à un gouvernement. 

Parce que le vote permettra de jauger le poids des frondeurs

S'il faudrait un concours de circonstances assez peu probable pour que Manuel Valls perde ce vote de confiance, le suspense repose surtout sur le nombre de députés mécontents qui choisiront l'abstention, voire un vote contre. Comme le rappelle cette infographie du Monde, les frondeurs n'ont jamais été plus de 41 à s'abstenir (c'était en avril, pour le vote du pacte de stabilité). En avril dernier, ils étaient 11 à avoir refusé la confiance au premier gouvernement Valls. Mais ils ne voient pas d'un bon œil l'orientation prise par la nouvelle équipe gouvernementale, symbolisée par le remplacement d'Arnaud Montebourg par Emmanuel Macron.

Ce vote est donc un moyen de prendre la température de la majorité, avant des échéances encore plus périlleuses, comme le vote du budget 2015, qui devrait avoir lieu en octobre. Selon un proche de François Hollande cité par Le Figaro, sa présentation au Conseil des ministres, initialement prévue fin septembre, aurait été repoussée d'une semaine pour laisser le temps au gouvernement de réagir au résultat du vote de confiance : "Si le vote est très serré, ils devront donner des gages à la majorité."

Parce qu’il pourrait y avoir des annonces importantes

Si, en 2012, Jean-Marc Ayrault avait livré un discours très général sur les grandes orientations du quinquennat, la première déclaration de politique générale de Manuel Valls, le 8 avril, avait été plus riche en annonces. Il y avait détaillé le contenu du pacte de responsabilité et avait annoncé, en contrepartie, des mesures pour le pouvoir d’achat. C'est aussi là qu’il avait relancé la réforme territoriale. Enfin, il avait annoncé un assouplissement de l’application des nouveaux rythmes scolaires.

On imagine donc que Manuel Valls ne se présentera pas cette fois-ci les mains vides devant les députés. Le 26 août, sur France 2, après la nomination du nouveau gouvernement, le Premier ministre expliquait qu'il demanderait la confiance du Parlement "sur un programme de travail". Six mois seulement après le dernier discours, sa déclaration de politique générale risque, il est vrai, d'être moins riche en annonces. Les chantiers en cours sont néanmoins nombreux, notamment celui concernant les contreparties au pacte de responsabilité. La loi sur la croissance et le pouvoir d'achat est aussi un dossier important : le texte doit notamment réformer le statut des professions réglementées et le travail du dimanche. La proximité de la conférence de presse de François Hollande, jeudi 18 septembre, pourrait cependant conduire Manuel Valls à laisser de côté certains sujets chauds.

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