"Nominations intéressantes", "continuité", "sans audace" : les réactions politiques à la nomination du gouvernement d'Elisabeth Borne

La composition du nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne, constitué de 27 membres, a été annoncée vendredi 20 mai. Les réactions politiques sont nombreuses.

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Le nouveau gouvernement a été annoncé vendredi 20 mai 2022. (S?BASTIEN MUYLAERT / MAXPPP)

La composition du nouveau gouvernement d'Elisabeth Borne, constitué de 27 membres, a été annoncée vendredi 20 mai par le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler. Des ministres restent en place, d'autres bougent, des entrants, des sortants... Voici les premières réactions politiques. 

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"Ni audace, ni renouvellement", selon Jean-Luc Mélenchon

"Un gouvernement bien libéral. Ni audace ni renouvellement. Tout terne et gris", commente vendredi sur Twitter le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. Selon lui, "le mandat Macron II commence sur la pointe des pieds. Mais dans un mois tout changera".

La tête de file de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes) considère que le "troisième tour de la présidentielle" se jouera lors des élections législatives. Jean-Luc Mélenchon souhaite devenir Premier ministre. Il n'est pas candidat aux élections législatives.

"Incompétence" et "arrogance", selon Marine Le Pen 

"Économie, sécurité, justice : tous ceux qui ont lourdement échoué sont reconduits. Quel mépris envers les Français !", réagit vendredi sur Twitter Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à la dernière élection présidentielle. "Ce remaniement symbolise l’incompétence et l’arrogance d’Emmanuel Macron. Plus que jamais, il faut une opposition frontale et déterminée à l’Assemblée nationale."

Elle ajoute que la nomination de Pap Ndiaye, qu'elle considère être un "indigéniste assumé", comme ministre de l'Education nationale, "est la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir".

Des "nominations très intéressantes", selon la vice-présidente LR du conseil régional d'Ile-de-France Florence Portelli 

Sur franceinfo vendredi 20 mai, la vice-présidente LR du conseil régional d'Ile-de-France Florence Portelli parle de "nominations très intéressantes, comme Sylvie Retailleau à l'Enseignement supérieur".

"De manière globale, ce qui compte de toute façon, ce n'est pas la personnalité des ministres, c'est le budget qu'ils ont et s'ils ont la porte du président de la République.Concernant Rima Abdul Malak, nommée ministre de la Culture, Florence Portelli n'y voit en revanche "rien de bon". 

Enfin, Florence Portelli pense que Catherine Colonna, nommée ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, est "une grande professionnelle de la diplomatie", même si elle va devoir "rassurer".  

Pap Ndiaye, "un militant indigéniste, communautariste", selon Sébastien Chenu

"Avoir un militant indigéniste, communautariste, nous semble aller à l'encontre de l'idéal républicain", a réagi sur franceinfo Sébastien Chenu, porte-parole du RN, député du Nord, après la nomination de Pap Ndiaye comme ministre de l'Éducation nationale.

"Ce n'est pas l'idée d'en vouloir à Pap Ndiaye, ce sont les positions qui sont les siennes qui nous semblent assez contraires à l'idéal républicain qui est le nôtre", affirme Sébastien Chenu. Il estime qu'Emmanuel Macron a fait un choix d'une "logique libérale, communautariste, anglo-saxonne". Selon lui, "en nommant un militant d'une cause communautaire, militant indigéniste", le président de la République "est dans cette logique de déconstruction des repères de notre pays".

Sébastien Chenu assure que ses propos "ne sont pas teintés d'un quelconque racisme". Il se dit être un "républicain" et ne s'attache "pas du tout à la couleur de la peau des gens". "Je ne m'attache pas du tout aux orientations sexuelles et aux discriminations, quelles qu'elles soient." Mais le porte-parole du RN "note que le nouveau ministre de l'Éducation nationale voit la société à travers un prisme communautaire". Selon lui, Pap Ndiaye "se définit comme un militant de la communauté". "Quand je lis le parcours de monsieur Ndiaye, je considère que sa place n'est probablement pas à la tête du ministère de l'Éducation", ajoute Sébastien Chenu.

"Aucun signal envoyé pour l'écologie", selon Julien Bayou 

"On a aucun signal envoyé en faveur de l'écologie", a déploré vendredi sur franceinfo Julien Bayou, le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts.

"On n'attendait pas grand-chose", assure-t-il, avant de qualifier le gouvernement nommé comme étant "un gouvernement de la continuité de l'inaction climatique." Le patron des écologistes souligne que "cela fait un mois que l'on attendait un gouvernement" pour "accoucher de zéro nouvelle" et constate que "l'ordre protocolaire est toujours très à droite".

Sur les nominations d'Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires, et d'Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, Julien Bayou pointe "deux profils qui n'ont jamais manifesté le moindre intérêt pour l'écologie". Selon lui, ce n'est "même pas pour de la figuration". Ces deux ministres "sont là pour meubler", espère le secrétaire national d'EELV, "le temps que la majorité change, et qu'aux législatives nous puissions proposer un gouvernement qui prenne la question du climat à bras le corps".

Une reconduction de "ceux qui ont échoué", selon le vice président des Républicains Gilles Platret

"Ce qui m'inquiète c'est qu'on a reconduit ceux qui ont échoué", a réagi Gilles Platret, vice-président des Républicains, maire de Chalon-sur-Saône, candidat aux législatives dans la 5e circonscription de Saône-et-Loire, après l'annonce du gouvernement d'Elisabeth Borne.

"C'est compliqué de ne pas faire de procès d'intention dans un climat comme celui-ci. Il y a des ministres que l'on va découvrir." Mais en ce qui concerne les anciens, "le bilan de M. Darmanin est catastrophique en matière de montée de la délinquance, on est au bord de la faillite et on refait partir M. Le Maire pour un tour. Je trouve ça particulièrement inquiétant. L'absence de renouvellement sur certains postes me pose question."

La nomination de Pap Ndiaye à l'Education nationale ne ravit pas non plus Gilles Platret. "Je connais ses théories racialistes, wokiste et à l'exact opposé de la défense de la République par M. Blanquer."

Damien Abad devient ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées. "Cela fait trois semaines que je demande le départ des Républicains de Damien Abad. Cela fait trois semaines qu'il nous mène en bateau, nous dit que ce sont des rumeurs. Je lui souhaite bon vent. Le seul regret c'est qu'il n'ait pas eu le courage de démissionner plus tôt. Maintenant il vit sa vie ce n'est plus la nôtre", a réagi Gilles Platret.

"Les mêmes" personnes "aux postes essentiels", déplore l'insoumis Alexis Corbière

Le député LFI de Seine-Saint Denis Alexis Corbière juge sur franceinfo "affligeant, de nous faire attendre autant de temps" pour retrouver "les mêmes aux postes essentiels". Selon lui, "il y a un danger" et espère "que dans quelques semaines, un nouveau gouvernement populaire se mette en place", après les élections législatives. Alexis Corbière est candidat à sa réélection.

Selon lui, la nomination de Pap Ndiaye au ministère de l'Éducation nationale est "une surprise" : "Je connais l'homme mais je ne sais pas politiquement ce qu'il pense de l'Éducation nationale, je ne lui connaissais même pas d'ailleurs cette proximité avec Emmanuel Macron. Il l'avait même assez critiqué".


Alexis Corbière "applaudit le départ de Jean-Michel Blanquer". Néanmoins, il "ne salue pas" l'arrivée de Pap Ndiaye au gouvernement, qui selon lui, "sert de caution". L'élu développe sa pensée : "Je ne sais pas ce que vient faire Pap Ndiaye là. J'espère qu'il n'apporte pas son travail intellectuel, notamment la question noire aux États-Unis comme une caution pour essayer de nettoyer toutes les sottises qui ont été dites par Jean-Michel Blanquer".

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