Montebourg se défend d'avoir rompu la "ligne" du gouvernement sur le gaz de schiste

Le ministre du Redressement productif a été recadré par le Premier ministre, des membres du gouvernement et des parlementaires.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, à l\'Elysée, le 3 juillet 2013.
Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, à l'Elysée, le 3 juillet 2013. (FRED DUFOUR / AFP)

A quoi joue Arnaud Montebourg avec le gaz de schiste ? Le ministre du Redressement productif a reconnu, vendredi 12 juillet, l'existence d'une "ligne gouvernementale" unique sur cette question polémique. Et il s'est défendu de l'avoir rompue, au lendemain de son recadrage par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

France 2

Lors d'une audition à l'Assemblée nationale, mardi 9 juillet, Arnaud Montebourg s'était prononcé "à titre personnel" en faveur d'une exploitation de ce type d'énergie par une compagnie nationale, si une technique non polluante était un jour mise au point. Il s'était alors attiré les foudres des écologistes, mais aussi de membres du gouvernement. "Il n'y a qu'une ligne gouvernementale. Ecoutez bien ce que j'ai dit !", a déclaré le ministre à la presse, avant de renvoyer à "[ses] déclarations initiales de mardi".

Francetv info revient sur les réactions suscitées par cette déclaration de mardi, qu'Arnaud Montebourg juge encore "très bien". 

Le recadrage d'Ayrault

"Il n'y a qu'une politique au gouvernement", a déclaré jeudi le chef du gouvernement, en déplacement en Roumanie. Jean-Marc Ayrault a affirmé qu'il était "exclu d'exploiter des gaz de schiste en France" et que "cette position sera évidemment maintenue". La "position du gouvernement français consiste à travailler à préparer la transition énergétique, et le gaz de schiste n'est pas dans l'équation", a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas cohérent", estime Le Foll

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a attaqué, le même jour sur BFMTV, "le manque de cohérence" d'Arnaud Montebourg. "Ce n'est pas cohérent avec le choix qui a été fait lors de la conférence environnementale (…). La cohérence, c'est qu'on reste sur la ligne qu'on a définie", a-t-il insisté.

L'exploitation du gaz de schiste par une compagnie, qu'elle soit ou non publique, "n'est pas l'objet de la discussion", juge le ministre de l'Agriculture. "Au problème qui est posé : est-ce qu'on peut imaginer faire des forages avec de la fracturation hydraulique dans la Drôme, à côté du Vercors, aujourd'hui ?", la réponse est "non", a-t-il tranché.

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Il n'y a qu'un seul ministre de l'Energie, rappelle Duflot

La veille, le nouveau ministre de l'Ecologie et de l'Energie avait également recadré Arnaud Montebourg : "La question d'une exploitation 'écologique' du gaz de schiste ne se pose pas", avait martelé Philippe Martin. De son côté, Cécile Duflot, la ministre du Logement, y est allée de sa pique sur Twitter : 

Les parlementaires s'interrogent sur sa présence au gouvernement

Mais les propos d'Arnaud Montebourg n'ont pas fait réagir que ses collègues du gouvernement. Des parlementaires ont même évoqué son possible départ de l'exécutif. Le patron des députés PS, Bruno Le Roux, a jugé qu'Arnaud Montebourg était allé "trop vite", mais a exclu son éviction. Il a jugé sur Europe 1 que le ministre avait dit "simplement (…) qu'il ne doit pas y avoir a priori de mise au ban de ce que sont les gaz de schiste".

De son côté, le président PS de la commission du Développement durable de l'Assemblée, Jean-Paul Chanteguet, pose, dans Le Monde, la "question de son maintien au gouvernement". Le président du groupe Europe Ecologie-Les Verts au Sénat, Jean-Vincent Placé, n'a pas hésité à qualifier le ministre du Redressement productif de "nuisible" pour l'écologie et le gouvernement.

Au milieu de ce tollé, Arnaud Montebourg est défendu par le député PS Christian Bataille, qui partage son opinion. "Si l'on veut développer l'industrie sur notre territoire, il faut de l'énergie, toutes les formes d'énergie", dit-il à L'Expansion.