VIDEO. "On ne peut pas diriger la France si on n'est pas irréprochable" : l'implacable plaidoyer de Fillon contre lui-même

Lors du débat de l'entre-deux tours de la primaire, le 24 novembre 2016, le candidat avait défendu la nécessaire exemplarité des hommes politiques. Une tirade qui résonne étrangement aujourd'hui.

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C'est une charge terrible contre François Fillon et son refus de se retirer face à la menace d'une mise en examen. Elle a été prononcée par... François Fillon lui-même, le 24 novembre 2016, lors du débat d'entre-deux tours de la primaire de la droite. Le candidat est interrogé sur la république exemplaire qu'il défend. "Pour moi, c'est une question fondamentale, on ne peut pas diriger la France si on n'est pas irréprochable", avait-il lancé.

"On n'est pas des citoyens comme les autres"

"Cela veut dire que les ministres, les présidents de la République a fortiori, ne doivent pas être mis en examen et doivent avoir une attitude irréprochable, avait-il détaillé. Je sais que ce n'est pas juste, je sais qu'il y aura toujours des gens pour m'expliquer qu'il y a la présomption d'innocence, mais l'expérience qui a été la mienne me montre qu'on ne peut pas sereinement diriger un ministère quand on a sur le dos une suspicion qui a entraîné une procédure judiciaire".

Le candidat ne s'était pas arrêté là. "On est des hommes politiques, on n'est pas des citoyens comme les autres. Les citoyens ont le droit à la présomption d'innocence, les hommes politiques ont comme responsabilité de montrer le chemin et de prendre des décisions difficiles, avait-il développé. Quand j'ai fait mon tour de France pendant trois ans, j'ai entendu un très grand nombre de Français me dire : 'Nous, quand on passe devant le radar, on paye, vous, on a l'impression là-haut que vous ne payez jamais, ça, il faut que ça change'".

François Fillon, le 24 novembre 2016 lors du débat avec Alain Juppé.
François Fillon, le 24 novembre 2016 lors du débat avec Alain Juppé. (ERIC FEFERBERG / AFP)