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"Sans loyauté", "pas assez de contenu"... Macron isolé par les critiques de la majorité

Après le meeting de son mouvement "En marche !", le ministre de l'Economie a été pris à partie par la majorité, qui l'accuse de manquer de loyauté.

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France Télévisions
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Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, à la sortie du Conseil des ministres, le 13 juillet 2016 au palais de l'Elysée, à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Trop, c'est trop. Le meeting d'Emmanuel Macron, mardi 12 juillet à la Mutualité, à Paris, a excédé une partie de la gauche et du gouvernement, visiblement agacés par les ambitions du ministre de l'Economie. Celui-ci n'a pas dévoilé ses intentions pour l'élection de 2017, mais il a livré un discours aux accents présidentiels, invitant ses soutiens à porter son mouvement "En marche !" "jusqu'à la victoire".

Aux yeux de nombreux ministres et responsables de la majorité, ces propos ont été reçus comme une déclaration de guerre, au point que François Hollande devrait s'exprimer à ce sujet, jeudi, lors de son traditionnel entretien du 14-Juillet.

>> Au meeting d'Emmanuel Macron : "Et finalement, il y va ou pas ?"

Valls dénonce "l'entretien d'un climat, pourri par l'ambiguïté"

Manuel Valls n'a pas caché sa colère, sans toutefois citer nommément le ministre. "On ne peut pas dénoncer un prétendu 'système' en cédant aux sirènes du populisme quand, circonstance aggravante, on est soi-même le produit le plus méritant de l'élite de la République", a déclaré le Premier ministre, dans une prise de parole adressée aux parlementaires de la majorité, à huis clos.

"Je le dis en présence de ministres, de parlementaires qui ont toujours su montrer leur loyauté, a t-il poursuivi. L'éthique de responsabilité, c'est le devoir de clarté, pas l'entretien d'un climat pourri par l'ambiguïté". Avant même le meeting d'Emmanuel Macron, Manuel Valls avait déjà jugé qu'il était "temps que tout cela s'arrête". Il hausse encore le ton.

"Il faut éviter de disperser", insiste Le Foll

"On a besoin de cohérence au niveau du gouvernement. Et c'est sûrement ce qu'a voulu dire le Premier ministre hier", a commenté le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, au sujet de cette dernière phrase. "Il faut éviter de s'égailler, de se disperser", a-t-il également conseillé, tout en assurant que le meeting n'avait "pas été évoqué une seule fois" au Conseil des ministres.

Cosse juge "un peu faciles les critiques antisytème"

"J'ai trouvé un peu faciles les critiques antisystème, quand on est totalement né du système", a réagi Emmanuelle Cosse, ministre du Logement, sur France Info. Avant de compléter son propos : "Je vois qu'il attire des gens qui sont un peu éloignés de la politique et je pense qu'il faut regarder ça très positivement." La ministre a ajouté qu'elle n'avait "pas à porter un jugement sur ce que fait, aujourd'hui [Emmanuel Macron]".

Hidalgo reproche un manque de "loyauté"

La maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, a sans doute été l'une des plus sévères. Elle accuse Emmanuel Macron de se comporter comme "un personnage (...) sans trop de loyauté", notamment à l'égard de François Hollande. Par ailleurs, elle s'est dite "surprise" que le "système médiatico-politique (...) continue à mettre en avant ce type de profil", "des espèces de personnages" qui ont "une volonté de tuer le père, la mère et les frères et sœurs".

"[Emmanuel Macron] est quand même le pur produit d'un système très français de reproduction d'élites, a poursuivi la maire de Paris, au micro de France Inter. Il est la caricature de ce que [le sociologue Pierre] Bourdieu décrit comme étant une des faiblesses, un des maux de notre société."

Urvoas cite Souchon pour fustiger le meeting

"Quand j'entends le ministre Macron parler, je pense à Alain Souchon qui a une chanson qui s'appelle 'On avance, on avance, on avance', a réagi le ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, sur BFMTV. Et puis quand on lit les paroles, on lit 'on n'a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens'. Voilà."

"Trop de spectaculaire, pas assez de contenu", selon Le Guen

"Beaucoup trop de spectaculaire, pas assez de contenu." Jean-Marie Le Guen a, lui aussi, réagi au meeting du mouvement "En Marche !", lors de l'émission "Questions d'Info" (LCP-AFP-France Info-Le Monde). Alors qu'Emmanuel Macron prône une posture anti-système, le ministre des Relations avec le Parlement a dénoncé "un thème qui est assez dangereux".

Je lui conseille de ne pas y aller, c'est un thème, un vocabulaire populiste (...) Le 'système', c'est la démocratie représentative, c'est l'Etat de droit, l'économie de marché dans laquelle nous sommes... Si c'est tout ça le système, alors critiquer le système c'est un problème.

Jean-Marie Le Guen, ministre des Relations avec le Parlement

"Question d'info", LCP-AFP-France Info-"Le Monde"

"Tout le monde doit faire une certaine forme d'ascèse et pas forcément du spectaculaire", a poursuivi Jean-Marie Le Guen. "Le président de la République aura à cœur de rappeler le fonctionnement normal de l'équipe gouvernementale." Mais encore ? Réponse le 14 juillet, lors de l'entretien de François Hollande.

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