Emmanuel Macron souhaite "clarifier la place de la Turquie dans l'Otan"

Le chef de l'État explique, dans une émission diffusée mardi soir sur France 5, qu'il souhaite davantage de fermeté de l'Europe vis-à-vis de Recep Tayyip Erdogan, alors que se tient le sommet des ministres des Affaires étrangères de l'Otan.

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Radio France
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Emmanuel Macron, le 12 mars 2021. (STEPHANE MAHE / POOL /  AFP)

"Nous avons besoin de clarifier la place de la Turquie dans l'Otan", estime Emmanuel Macron lors d'une interview qui sera diffusée mardi 23 mars sur France 5. Le chef de l'État évoque les relations avec la Turquie dans le cadre d'une soirée spéciale "C dans l'air" consacrée au président turc Recep Tayyip Erdogan. "Normalement, entre alliés, il n'est pas possible de faire plusieurs choses que la Turquie a faites ces derniers mois", poursuit Emmanuel Macron.

Ces déclarations d'Emmanuel Macron interviennent dans un contexte de profonds désaccords diplomatiques entre la Turquie et la France, tous deux membres de l'Otan, qui s'opposent sur plusieurs dossiers comme la Libye, la Syrie, la Méditerranée orientale ou encore l'offensive de Paris contre l'influence turque sur l'islam en France. Les deux hommes ont eu de vifs échanges, le président turc allant jusqu'à s'interroger sur la "santé mentale" de son homologue français.

L'entretien a été enregistré à l'Elysée le 2 mars, après un entretien en visio-conférence entre Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan. Une amorce de détente après des mois de tensions. Et cette interview est diffusée sur France 5 alors que le sommet des ministres des Affaires étrangères de l'Otan débute ce mardi, en présence pour la première fois du secrétaire d'État américain Antony Blinken. Ce sommet est destiné à raffermir le lien transatlantique passablement distendu durant l'ère Trump, mais sera aussi l'occasion d'aborder la place de la Turquie au sein de l'Alliance.

La "complaisance" de l'Europe

Le chef de l'État regrette la "complaisance" de l'Union européenne à l'égard de Recep Tayyip Erdogan : "Je l'ai condamné au sein de l'Otan. J'ai agi en tant que nation. Nous avons agi en tant que nation et nous avons fait un travail conséquent de conviction des autres Européens pour que l'Europe ait une voix beaucoup plus ferme, parce qu'il y avait beaucoup de complaisance." Dans un entretien pour The Economist en novembre 2019, le chef de l'Etat avait estimé que l'Otan était "en état de mort cérébrale" stratégique, notamment du fait de l'absence de coordination de certains États membres dans leurs opérations.  

Dans l'entretien accordé à "C dans l'air", le président français réitère ses doutes à l'endroit de la Turquie. Il pointe le rôle de Recep Tayyip Erdogan en Libye "l'une des situations les plus graves", selon lui. "Malgré la conférence qu'on avait tenue à Berlin, la Turquie n'a pas tenu sa parole. Elle a envoyé des combattants étrangers et elle a envoyé son armée. Moi, je mets beaucoup de pression pour qu'on ait maintenant un retrait", a-t-il affirmé. La conférence de Berlin sur la paix en Libye s'était tenue en janvier 2020 pour éviter une escalade militaire. Elle avait débouché sur de vagues déclarations d'intention, sans réelle influence pour imposer un cessez-le-feu permanent en Libye.

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