Mis en cause dans l'affaire Benalla, Ismaël Emelien, ancien conseiller d'Emmanuel Macron, a été entendu par l'IGPN

Ismaël Emelien est directement mis en cause depuis qu'Alexandre Benalla a affirmé aux enquêteurs lui avoir transmis des vidéos, obtenues illégalement auprès de la police, et destinées à le disculper dans le déroulé des violences du 1er-Mai.

Ismaël Emelien, le 7 juin 2017, dans les couloirs du Palais de l\'Elysée. 
Ismaël Emelien, le 7 juin 2017, dans les couloirs du Palais de l'Elysée.  (MAXPPP)

Ismaël Emelien, ancien conseiller spécial d'Emmanuel Macron mis en cause dans l'affaire Benalla, a été entendu par l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) le 16 janvier. Il l'a reconnu auprès de l'AFP, confirmant une information du Point. Au début du mois de février, Ismaël Emelien avait annoncé sa démission de l'Elysée expliquant vouloir se consacrer à des projets personnels.

Lors de cette audition qui a duré "un peu moins de trois heures", "j'ai apporté toutes les réponses qui m'ont été demandées", a précisé l'ancien stratège du président de la République. Ismaël Emelien a été directement mis en cause depuis qu'Alexandre Benalla a affirmé aux enquêteurs lui avoir transmis des images de vidéosurveillance du 1er-Mai.

Vers une mise en examen pour recel ?

Ces images, qui montrant l'arrestation de la place de la Contrescarpe sous un angle qui lui est plus favorable, ont été obtenues illégalement par Alexandre Benalla. Ce dernier a ensuite reconnu avoir remis une copie de la vidéosurveillance à "un conseiller communication" de l'Elysée. D'après Mediapart (article payant), le bornage téléphonique laisse penser qu'il s'agirait d'Ismaël Emelien.

Si l'enquête le confirme, l'ancien conseiller spécial d'Emmanuel Macron pourrait être mis en examen – comme c'est déjà le cas d'Alexandre Benalla – pour "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection" et "recel de violation du secret professionnel". Des faits punis d'un maximum de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende. Selon les procès-verbaux consultés par Le Monde, Israël Emelien aurait assuré n’avoir pas eu conscience du caractère illégal de ces images.