Affaire Benalla : le militaire Chokri Wakrim, entendu comme témoin, assure qu'il "n'est pas concerné" par les enregistrements

Ce proche d'Alexandre Benalla a été entendu dans le cadre de l'enquête ouverte sur les conditions d'enregistrement d'une conversation de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron. 

Alexandre Benalla quitte le Sénat après avoir été auditionné, le 19 septembre 2018, à Paris. 
Alexandre Benalla quitte le Sénat après avoir été auditionné, le 19 septembre 2018, à Paris.  (ALAIN JOCARD / AFP)

Le militaire Chokri Wakrim, impliqué dans un contrat négocié par Alexandre Benalla avec un sulfureux oligarque russe, a été entendu, vendredi 15 février, comme témoin dans l'enquête sur les conditions d'enregistrement d'une conversation de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron révélée par Mediapart, a indiqué à l'AFP son avocat.

Chokri Wakrim, 34 ans, dont la compagne elle aussi mise en cause a démissionné la semaine dernière de son poste de cheffe de la sécurité de Matignon, a été entendu "comme témoin entre 11 heures et 15 heures" dans les locaux de la brigade criminelle à Paris, a déclaré à l'AFP l'avocat Jean-François Morant. "Il a apporté toutes les réponses et maintenu qu'il n'était pas concerné par ces enregistrements", a-t-il ajouté.

Sa compagne auditionnée comme témoin

Marie-Elodie Poitout, désormais ex-cheffe du groupe de sécurité du Premier ministre (GSPM), a été auditionnée comme témoin dans cette procédure le 5 février. Elle aussi a nié avoir réalisé ces enregistrements. Questionnée par Matignon, elle avait expliqué avoir rencontré Alexandre Benalla fin juillet avec son compagnon, Chokri Wakrim, à leur domicile.

Le 31 janvier, Mediapart avait révélé des extraits sonores d'un échange entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, captés dans des conditions non révélées, lors d'une rencontre, le 26 juillet, en violation de leur contrôle judiciaire. Une semaine plus tôt, l'ancien collaborateur de l'Elysée et l'ex-employé de LREM avaient été mis en examen dans l'enquête sur les violences du 1er mai 2018. Il s'agit du point de départ de l'affaire qui embarrasse depuis plus de six mois l'exécutif.

Sept enregistrements transmis aux juge

Le lendemain de la publication des extraits sonores, Matignon avait transmis par courrier au parquet de Paris l'hypothèse, venue de la presse, que la rencontre ait pu avoir lieu dans l'appartement, mis sur écoute, de la compagne de Chokri Wakrim, Marie-Elodie Poitout.

Le parquet avait alors ouvert une enquête pour "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations" et "atteinte à l'intimité de la vie privée". Le 4 février, il avait souhaité perquisitionner les locaux de Mediapart, pour se faire remettre les enregistrements, mais les journalistes avaient refusé cette perquisition. Le site a en par la suite remis sept enregistrements aux juges enquêtant sur l'affaire du 1er mai.

Chokri Wakrim a par ailleurs démenti jeudi, auprès de l'AFP, avoir déplacé le coffre-fort d'Alexandre Benalla juste avant une perquisition controversée l'été dernier, comme l'en accuse Libération.