Affaire Benalla : les députés LR vont déposer une motion de censure contre le gouvernement

Christian Jacob estime, lors d'une conférence de presse, mardi, que "le gouvernement a failli".

Christian Jacob, chef de file des députés LR à l\'Assemblée nationale, le 22 janvier 2018, à Paris.
Christian Jacob, chef de file des députés LR à l'Assemblée nationale, le 22 janvier 2018, à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)
Ce qu'il faut savoir

"Le gouvernement a failli", a dénoncé Christian Jacob, chef de file des députés Les républicains (LR), lors d'une conférence de presse, mardi 24 juillet. Les Républicains vont déposer une motion de censure contre le gouvernement, alors que la colère gronde, à l'Assemblée, à cause de l'affaire Benalla. Après plusieurs jours de blocage des travaux de l'Assemblée et de premières auditions, lundi, Edouard Philippe et son gouvernement devront apporter de nouvelles réponses aux parlementaires, mardi après-midi, lors des traditionnelles questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale puis au Sénat.

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Le directeur de l'ordre public rétropédale. Auditionné par la commission d'enquête de l'Assemblée lundi, le directeur de l'ordre public de la préfecture de police de Paris (DOPC), Alain Gibelin, avait affirmé qu'Alexandre Benalla avait participé à des réunions de sécurisation de l'Elysée en mai, pendant sa mise à pied. Après un démenti formel de l'Elysée, le directeur de la DOPC a assuré qu'il avait mal compris cette question posée par Marine Le Pen, et qu'il s'était trompé dans les dates évoquées. 

De nouvelles auditions. La commission d'enquête de l'Assemblée nationale auditionne mardi le directeur de cabinet de l'Elysée, Patrick Strzoda, ainsi que son homologue de l'Intérieur, Stéphane Fratacci. Au Sénat, la commission des lois entendra Gérard Collomb mardi en fin d'après-midi, puis Patrick Strzoda mercredi, et enfin Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée, jeudi. 

Collomb évasif face aux députés. Entendu pendant plus de deux heures à l'Assemblée lundi, le ministre de l'Intérieur a assuré qu'il n'était "pas au courant" d'une éventuelle autorisation accordée à Alexandre Benalla pour assister aux opérations de maintien de l'ordre le 1er mai. Il a également affirmé qu'il ne connaissait pas personnellement l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, et qu'il "ignorait sa qualité de conseiller du président". Gérard Collomb a également estimé que ce n'était pas à lui de saisir la justice au sujet de ses actes violents. 

"Aucune autorisation" de la préfecture de police. L'audition de Gérard Collomb par la commission des lois de l'Assemblée a été suivie de celle du préfet de police de Paris, Michel Delpuech. Ce dernier a dénoncé "un copinage malsain", et a assuré qu'il n'avait "jamais été sollicité" pour autoriser Alexandre Benalla à être aux côtés des forces de l'ordre le 1er mai dernier. Alain Gibelin, directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC), a également confirmé ces propos devant les députés. 

Les deux manifestants se portent parties civiles. Les deux jeunes personnes filmées en train d'être frappées par Alexandre Benalla, lors d'un rassemblement à Paris le 1er mai, ont demandé à être parties civiles dans l'enquête judiciaire en cours, tout comme un syndicat de policiers. Les manifestants frappés "ne veulent pas être mêlés à l'affaire d'Etat, mais simplement être entendus assez rapidement par la justice pour être reconnus comme victimes de violences policières", a précisé leur avocat. 

Emmanuel Macron bientôt auditionné ? Critiqué pour son silence sur l'affaire, le chef de l'État a annulé son déplacement sur le Tour de France, prévu mercredi. Les anciens candidats à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont chacun demandé que le chef de l'Etat soit lui aussi auditionné dans le cadre de cette enquête.